L'urbaniste occidental voit dans Texaco une tumeur à l'ordre urbain. Incohérente. Insalubre. Une contestation active. Une menace. On lui dénie toute valeur architecturale ou sociale. Le discours politique est là dessus négateur.

À lire aussi de Patrick Chamoiseau

L'En-ville sent comme une bête, ferme les yeux pour comprendre que tu approches d'une cage, sens pour mieux comprendre, pour mieux la prendre, elle te déroute en te montrant ses rues alors qu'elle se trouve bien au-delà des rues, au-delà des maisons, au-delà des personnes, elle est tout cela et ne prend sens qu'au-delà de tout cela… […] Sens-le Marie-Sophie, sens-le pour voir qu'il vit vraiment.
Savoir parler c'est savoir retenir la parole. Parler vraiment c'est d'abord astiquer du silence. Le vrai silence est un endroit de La Parole.
Ils dansèrent de plus belles quand la mairie ouvrit de gros registres pour recenser les nèg-de-terre et leur offrir l'état civil. Après un siècle de queue, mon Esternome et sa Ninon stationnèrent deux secondes devant un secrétaire de mairie à trois yeux. D'un trait d'encre, ce dernier les éjecta de leur vie de savane pour une existence officielle sous les patronymes de Ninon Cléopâtre et d'Esternome Laborieux.
La sève du feuillage ne s'élucide qu'au secret des racines.
Les békés inventèrent le cachot […] Leurs pierres ont conservé grises des tristesses sans fond. Les présumés coupables n'en sortaient plus jamais, sauf peut-être avec les fers aux pieds, le fer au cou, le fer à l'âme pour fournir un travail au-delà des fatigues.
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Dans la même œuvre

La sève du feuillage ne s'élucide qu'au secret des racines.
Porter la liberté est la seule charge qui redresse bien le dos.
Je voulais qu'il soit chanté quelque part dans l'écoute des générations à venir, que nous nous étions battus... pour nous conquérir nous-mêmes.
Savoir parler c'est savoir retenir la parole. Parler vraiment c'est d'abord astiquer du silence. Le vrai silence est un endroit de La Parole.
Vers cette époque, je commençais à écrire, c'est dire : un peu mourir. Le sentiment de la mort fut encore plus présent quand je me mis à écrire sur moi-même, et sur Texaco. Je vidais ma mémoire dans d'immobiles cahiers sans en avoir ramené le frémissement de la vie qui se vit, et qui, à chaque instant, modifie ce qui s'était produit.