Car à quoi bon prêcher l'altruisme à tous crins, le désir ardent, à la grande mansuétude, la bonté, le pardon, si c'est pour renâcler au premier obstacle, au premier demandeur d'asile, au premier migrant noir et désargenté ?
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L'un des grands avantages de la négligence parentale, c'est qu'elle habitue les enfants à se tenir pour négligeables. Une fois adultes, ils auront pris le pli et seront d'un commerce aisé, faciles à satisfaire, contents d'un rien .
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Des filles dans mon genre (…)-comme ils ont du mal avec mon corps, mes cuisses cyclopéennes, mes fesses hottentotes, mes triceps d'hercule de foire, mon ventre junonien, et mes seins surtout, étrave qui fend le flot des passants et m'attire tantôt des quolibets sans équivoque tantôt des exclamations ou des coups de sifflet plus difficiles a interpréter et dans lesquels il entre probablement autant d'admiration que de stupeur horrifiées
T'en fais pas, Lolo, ça va aller, ça va aller, mon petit lapin. Tout finit toujours par s'arranger. En fait, rien ne s'arrange jamais car ce qui est abîmé l'est une fois pour toute. La résilience, c'est un conte inventé pour les gogos : ça permet à tout le monde de vivoter tranquillement, les victimes comme les tortionnaire
Mords la main qui te nourrit, telle est la devise du serpent que j'ai introduit dans notre foyer.
Aucun adulte ne s'imagine faire son âge : tous sont convaincus qu'on leur donne dix ans de moins.
Dans la même œuvre
En tout cas c'est comme ça avec les vieux, et ils ont bien raison de déserter le présent, qui n'a plus rien à offrir.
Ils sont vieux. J'arrive trop tard dans leur vie. Ils ne savent plus cacher leurs émotions, réguler leurs humeurs, tenir leur langue. J'arrive après la dissimulation, la pudeur, le self-control. Il leur reste les bonnes manières, mais c'est tout juste et sa condition que rien ne soit préalablement venu perturber la monotonie sécuritaire de leur emploi du temps.
L'un des grands avantages de la négligence parentale, c'est qu'elle habitue les enfants à se tenir pour négligeables. Une fois adultes, ils auront pris le pli et seront d'un commerce aisé, faciles à satisfaire, contents d'un rien. A l'inverse, ceux qu'on aura élevés dans le sentiment trompeur qu'ils sont quelque chose multiplieront à l'infini les exigences affectives, s'offusqueront du moindre manquement et n'auront de cesse qu'ils ne vous pourrissent l'existence.
On croit que les gens sont avec nous mais ils n'y sont pas, ils se barricadent dans leur petit for intérieur ou alors ils batifolent dans leurs souvenirs, revenus aux temps heureux où ils étaient jeunes et aimables. En tout cas c'est comme ça avec les vieux, et ils ont bien raison de déserter le présent, qui n'a plus rien à leur offrir.
C'est une blague, voilà ce que je me dis tous les matins depuis vingt ans, en me regardant dans la glace, sous l'éclairage pourtant flatteur de ma salle de bains. Heureusement que passé un certain âge, Dieu nous envoie la presbytie. Et puis quand la presbytie ne suffit plus, l'Alzheimer prend le relais, ce qui fait que l'un dans l'autre, nous ne serons jamais tout à fait conscients de l'étendue des dégâts. Mais même avec cette faible conscience, même avec cette acuité visuelle amoindrie et cette tête qui n'y est plus vraiment, je n'en reviens toujours pas et je m'y fais encore moins.