Il est terrible de détruire l'image qu'un être humain se fait de lui-même, fût-ce au nom de la vérité ou de toute autre abstraction ; nul ne peut affirmer qu'il sera capable de lui substituer une autre image qui permettra à cet être de continuer à vivre.
❧
L'émotion est un piège qui vous jette entre les mains des autres.
◆
À lire aussi de Doris Lessing
J'eus la vision d'un monde divisé en nations, en systèmes, en blocs économiques, qui se durcissaient et se consolidaient : un monde où il deviendrait de plus en plus ridicule de parler même de liberté, de conscience individuelle. Je sais qu'on a déjà écrit à propos de ce genre de vision, c'est quelque chose de déjà lu, mais pendant quelques instants ce n'étaient pas des mots, c'était une sensation réelle dans la substance même de ma chair et de mes nerfs.
Il y a dans ce pays des centaines et des milliers de gens qui se consument de désespoir, et nul ne s'en soucie.
Savoir qu'on vit une vie mensongère, qu'on ne vit pas sa vie, c'est une chose terrible.
Il subsiste en nous tous qui avons été élevés dans une démocratie occidentale, la ferme croyance que la liberté se fortifiera, qu'elle survivra aux pressions, et cette croyance semble survivre à toutes les preuves contraires. Elle constitue certainement un danger en soi.
Dans la même œuvre
Il y a dans ce pays des centaines et des milliers de gens qui se consument de désespoir, et nul ne s'en soucie. - Tout le monde s'en fout.
Je me souviens d'avoir entendu quelqu'un dire que l'on pouvait mesurer l'importance d'un homme d'affaires au nombre de jeunes gens doucereux qui l'entouraient.
Grandir consiste en fin de compte à comprendre que sa propre expérience incroyable et unique est ce que tout le monde partage.
Il n'existe qu'une façon de lire, et elle consiste à flâner dans les bibliothèques ou les libraires, à prendre les livres qui vous attirent et ne lire que ceux-là, à les abandonner quand ils vous ennuient, à sauter les passages qui traînent – et à ne jamais, jamais rien lire parce qu'on s'y sent obligé, ou parce que c'est la mode.
Il y a dans ce pays des centaines et des milliers de gens qui se consument de désespoir, et nul ne s'en soucie.