J'eus la vision d'un monde divisé en nations, en systèmes, en blocs économiques, qui se durcissaient et se consolidaient : un monde où il deviendrait de plus en plus ridicule de parler même de liberté, de conscience individuelle. Je sais qu'on a déjà écrit à propos de ce genre de vision, c'est quelque chose de déjà lu, mais pendant quelques instants ce n'étaient pas des mots, c'était une sensation réelle dans la substance même de ma chair et de mes nerfs.

À lire aussi de Doris Lessing

Il était évidemment sensuel. Je veux dire véritablement sensuel - il ne jouait pas ce rôle, contrairement à tant d'hommes animés de motivations diverses. Il avait vraiment besoin des femmes, impérieusement. Je le précise parce qu'il n'y en a plus tellement de ce genre - je parle des hommes civilisés, des hommes affectueusement asexués de notre civilisation.
L'émotion est un piège qui vous jette entre les mains des autres.
Il est terrible de détruire l'image qu'un être humain se fait de lui-même, fût-ce au nom de la vérité ou de toute autre abstraction ; nul ne peut affirmer qu'il sera capable de lui substituer une autre image qui permettra à cet être de continuer à vivre.
On nous définit encore, même les gens les plus évolués, en fonctions de nos relations avec les hommes.
Nous sommes ce que nous apprenons.
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Dans la même œuvre

Il y a dans ce pays des centaines et des milliers de gens qui se consument de désespoir, et nul ne s'en soucie. - Tout le monde s'en fout.
Je me souviens d'avoir entendu quelqu'un dire que l'on pouvait mesurer l'importance d'un homme d'affaires au nombre de jeunes gens doucereux qui l'entouraient.
Grandir consiste en fin de compte à comprendre que sa propre expérience incroyable et unique est ce que tout le monde partage.
Il n'existe qu'une façon de lire, et elle consiste à flâner dans les bibliothèques ou les libraires, à prendre les livres qui vous attirent et ne lire que ceux-là, à les abandonner quand ils vous ennuient, à sauter les passages qui traînent – et à ne jamais, jamais rien lire parce qu'on s'y sent obligé, ou parce que c'est la mode.
Il y a dans ce pays des centaines et des milliers de gens qui se consument de désespoir, et nul ne s'en soucie.