L'idée ne me suffit pas ; je veux l'habiller de pourpre et la couronner d'or.

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Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente.
Quand à moi je suis tellement désolée de continuer à vivre ici que je ne suis plus une créature humaine. Je ne puis plus supporter les cris de toutes ces créatures, cela me tourne sur le coeur. Dieu que je voudrais être à Villeneuve !
En ce moment le sieur Rodin a persuadé mes parents de me faire enfermer, ils sont tous à Paris pour cela. Le gredin s'emparerait à la suite de ce procédé expéditif du travail de toute ma vie.
Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là mais quand je me réveille, ce n’est plus la même chose.
Je suis tombée dans le gouffre. Je vis dans un monde si curieux, si étrange. Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar.
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Un roman, même une épopée, il faudrait bien Homère pour la raconter. Je vis dans un monde si curieux, si étrange... Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar.
Mon grand désir, mon idéal, est de mettre dans les formes que je tire de la pâte, une idée !
Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente.
Ce n'est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu, après quatorze ans, aujourd'hui d'une vie pareille, je réclame la liberté à grands cris.
Aujourd'hui 3 Mars, (1930) c'est l'anniversaire de mon enlèvement à Ville-Evrard, cela fait 17 ans que Rodin et les marchands d'objet d'art m'ont envoyé faire pénitence dans les asiles d'aliénés. Je m'ennuie bien de cet esclavage. Je voudrais bien être chez moi et bien fermer la porte.