L'errance a généré chez moi une nouvelle photo. On cherche toujours comment exister, comment regarder les autres, comment porter un regard sur les gens. Le fait de m'être imposé cette contrainte, ce plaisir et cette joie de l'errance, m'a obligé à faire une photo qui correspondait à la vision que j'en avais.

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Cette solitude est nécessaire pour le regard. Je dis souvent que je suis comme un petit garçon en voyage, dans ma solitude de voyageur.
Les gens ont peur du vide. Alors que ce n'est pas du tout ennuyeux de voir une photo vide. Je trouve que c'est une façon très forte de voir la présence de l'être humain
J'ai cette chance de voyager, mais si un jour je ne pouvais plus le faire, je ne pourrais plus me remettre en question, me confronter à des réalités, à ce réel qui m'a longtemps obsédé et qui continue à être un élément moteur dans ma vie.
L'idée forte de l'errance, c'est qu'on ne prend rien à personne. On ne s'accapare pas un lieu. L'errant est quelqu'un qui passe, il ne s'approprie pas, il ne vole pas.
Dans un voyage, on évolue, on change, on se transforme. Et souvent, on rentre et tout est annulé par le retour.
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On va aussi dans le désert pour marcher, pour la philosophie, pour l'espace. Il y a tellement de déserts. On peut se sentir seul, se retrouver.
L'errance n'est ni le voyage ni la promenade mais cette expérience du monde qui renvoie à une question essentielle : qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi ici plutôt qu'ailleurs ? Comment vivre le plus longtemps possible dans le présent, c'est-à-dire être heureux ? Comment se regarder, s'accepter ? Qu'est-ce que je suis, qu'est-ce que je vaux, quel est mon regard ?
Le fou et le photographe sont quand même assez proche. C'est quand même un peu une folie de faire sa valise, d'emporter des films vierges, un appareil, de prendre un avion, de côtoyer des hommes d'affaires ou des gens qui voyagent pour des raisons sentimentales.
Cette solitude est nécessaire pour le regard. Je dis souvent que je suis comme un petit garçon en voyage, dans ma solitude de voyageur.
Dans un voyage, on évolue, on change, on se transforme. Et souvent, on rentre et tout est annulé par le retour.