L'amour, elle avait dit, est quelque chose qui se produit hors de notre portée, et tout ce qu'on peut en espérer au fond c'est la réciprocité

À lire aussi de Julia Kerninon

Je pensais que pour être écrivain, je devais m'exercer comme un athlète, comme une danseuse, jusqu'à ne plus avoir mal, jusqu'à ne plus me poser de questions, et je cherchais à posséder cette compétence.
Maintenant, mes livres sur des étagères de librairies paraissent logiques, évidents, on peut s'en servir pour justifier tous mes manquements, mais je me rappelle du moment où mes failles n'avaient pas encore d'explication, où il était possible qu'elles n'en aient jamais, et que je reste pour toujours à la porte de ce qui est important
J'étais devenue ta servante, et comme toutes les servantes, j'ai fini par considérer que mon maître m'appartenait.
Sauf que c'est une loi d'airain du champ artistique : l'attaque et le scandale sont les formes de consécration les plus solides.
On ne tombe pas amoureux des femmes parce qu'elles sont belles. On tombe amoureux des femmes parce qu'elles sont quelqu'un.
Toutes les citations de Julia Kerninon →

Dans la même œuvre

Parce que les écrivains, ils étaient-fous-. Je l'ai su tout de suite. Dans les cafés, je les écoutais parler, et on aurait dit qu'ils mettaient un point d'honneur à t'expliquer à quel point ils étaient ineptes. Ils disaient tous la même chose, en boucle: -C'est une question de survie. Je ne sais faire que ça, écrire. Je ne suis bon qu'à ça. Je les trouvais à mourir de rire. Suicidaires et cinglés et contents de l'être.
Je suis un enfant parce que c'est le seul mot que je trouve pour dire combien c'est bon d'aimer les choses les plus infimes, d'en tirer du plaisir sans honte, mais aussi d'être soucieuse, comme les enfants seulement le sont, soucieuse, orageuse, légère.
On ne tombe pas amoureux des femmes parce qu'elles sont belles. On tombe amoureux des femmes parce qu'elles sont quelqu'un.
Sauf que c'est une loi d'airain du champ artistique : l'attaque et le scandale sont les formes de consécration les plus solides.
La peinture a été mon hôpital psychiatrique quand c'était nécessaire, quand l'écriture m'avait tellement éreintée que tout ce que je pouvais faire, c'était aller dans les musées plonger dans la couleur, apaisée comme battue à mort par la beauté de la peinture