Je remonte dans le passé des peuples, au fur et à mesure que je travaille dehors jusqu'à l'extrême limite des premiers froids. Que le ciel et la terre se transforment au-dessus de ma tête et sous mes pieds. Je pense alors que travailler dehors, c'est éviter le retour de la dépression.

À lire aussi de Pierre Guyotat

Quelle douleur aussi de ne pouvoir se partager, être, soi, partagé, comme un festin par tout ce qu'on désire manger, par toutes les sensations, par tous les êtres : cette dépouille déchiquetée de petit animal par terre c'est moi… si ce pouvait être moi !
Les idéologues, ce sont ceux qui ne font pas de phrases interrogatives. Ceux dont le discours se plie à la logique de brièveté, de simplification extrême et d'infantilisation des médias.
Prenez la question de l'immigration. Il serait simple que les politiques nous expliquent en quoi l'immigration serait aujourd'hui une gêne ou un péril pour la France. Avec près de mille ans d'histoire derrière nous, notre culture, notre langue, de quoi avons-nous peur ? Quand on sait que chaque expulsion est un drame... Que vingt mille personnes expulsées, ce sont vingt mille drames humains... Je suis conscient des réalités de l'État, mais je demande juste que l'on m'explique en quoi il y a danger.
Nomadiser c'est se rendre disponible à tous, aux proches mais surtout aux inconnus.
J'ai trouvé ainsi, dans la langue française, des choses qui y étaient déjà, intégrées en profondeur, attachées à la mélodie de cette langue. Le caractère mélodique, c'est ce qui manque le plus souvent. Moi, je suis très hanté par la mélodie de la langue française et, en tant que lecteur, je vais vers les auteurs chez qui je la trouve. La mélodie, c'est le gage de l'immortalité pour un auteur.
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Dans la même œuvre

Ma recherche de l'absolu aboutit à ceci que j'en espère toujours de plus absolu encore. Tous les absolues créés par l'homme, auxquels j'ai souscrit, sont dépouillés par moi de leur valeur d'absolu en regard d'autres qui ne nous sont pas encore connus.
Ce que je ressens comme une liberté nouvelle c'est la perte de mon poids. La beauté de l'hiver, sa lumière, l'éclat, le scintillement de la neige et de la glace (le spectacle prévu pour décembre à Chaillot) me font comme un corps glorieux.
Un débat entre littérature et vie, oui, peut-être, mais pas entre ce que moi j'écris et la vie ; parce que c'est la vie, ce que je fais.
Comment un médecin même savant pourrait-il comprendre que mon épuisement ne procède que d'une torture d'ordre artistique ?
Quelle douleur aussi de ne pouvoir se partager, être, soi, partagé, comme un festin par tout ce qu'on désire manger, par toutes les sensations, par tous les êtres : cette dépouille déchiquetée de petit animal par terre c'est moi… si ce pouvait être moi !