Je ne comprends pas les voyageurs qui usent du monde comme d'un divan, et infligent à la route l'insulte d'en faire la thérapeute de leurs névroses.

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Je me jurais, une fois rentré en France, de continuer à pratiquer l'affût. Nul besoin de se trouver à 5000 mètres dans l'Himalaya. La grandeur de cet exercice partout praticable était de toujours procurer ce qu'on exigeait de lui. À la fenêtre de sa chambre, sur la terrasse d'un restaurant, dans une forêt ou sur le bord de l'eau, en société ou seul sur un banc, il suffisait d'écarquiller les yeux et d'attendre que quelque chose surgisse. On ne l'aurait jamais noté si l'on ne s'était pas maintenu aux aguets. Et si rien n'arrivait, la qualité du temps passé s'était trouvée accrue par l'attention portée. L'affût était un mode opératoire. Il fallait en faire un style de vie.
J'observais les touristes de Notre-Dame. Tous prenaient des photos, des millions de photos, sans discontinuer. Pas un ne regardait Paris de son oeil. Ils brandissaient un écran entre le monde et eux. Y avait-il encore la place pour l'éclosion d'un souvenir, d'une pensée ?
Rivières: la bave des montagnes ruisselle au bassinet des mers.
La Terre pressée de se jeter à l'eau trébucha et ce fut la falaise.
Averse: le niagara des coccinelles.
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Ouvrir les yeux est un antidote au désespoir.
L'élégance est de se comporter dans la solitude comme en société.
Il n'y a jamais un sommet d'où la vue ne soit pas belle.
De tous mes voyages, sous les latitudes du monde, je rapporte la certitude que le climat le plus difficile à supporter est le climat d'adoration qui nimbe le mâle.
Il est temps d'abattre à la hache de la poésie la muraille derrière laquelle pleurent les fées de l'enfance européenne, prisonnières de la grotte aux hirondelles qu'avait su retrouver Yourcenar, cette fée immortelle.