Je n'ai pas plus tôt détaché le glaçon, qu'un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l'arrache brutalement. « Warum ? » , dis-je dans mon allemand hésitant. « Hier ist kein warum » .

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Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte: la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît: nous avons touché le fond.
Le temps était fini où les jours se succédaient vifs, précieux, uniques: l'avenir se dressait devant nous, gris et sans contours, comme une invincible barrière. Pour nous, l'histoire s'était arrêtée.
La foi, on l'a ou on ne l'a pas. On ne peut se l'inventer. On ne peut s'inventer un Dieu pour sa consommation personnelle. Ce serait malhonnête.
Composer une poésie digne d'être lue et retenue est un don du destin : cela arrive à quelques rares personnes, en dehors de toute règle et de toute volonté, et à ces quelques personnes même, cela n'arrive que rarement dans la vie.
Les jours se ressemblent tous et il n'est pas facile de les compter.
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