Quand vous êtes appelés par la naissance à ramper toute votre vie, que peut-il bien arriver de grave?
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Je me souviens de très peu de choses de mon enfance. Mais les sensations sont plus tenaces que les faits. Alors oui, de ma peur, je me souviens. Comme une ombre, elle me poursuivait depuis ma naissance. Je suppose aujourd'hui, que c'était elle qui m'empêchait d'avancer.
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Mais que peut perdre comme illusion celui qui est né sans croyance?
La mémoire vous joue des tours, elle tend à transformer en souvenir ce qui n'est qu'un savoir, une image devenue si intime qu'on la prend pour sa vie réelle.
Je comprenais que l'Histoire, c'était le dé. Et le dé nous lançait, nous dispersait, ici ou là, vers l'une ou l'autre case. L'Histoire décidait ce que nous devions faire et où nous devions aller.
Si nous pouvions être toujours certains de ce qui nous pousse à aimer, à espérer. Mais nous sommes des funambules, nous ne savons rien.
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Le socialisme était ce pays où même les orphelins avaient une patrie.
Si nous choisissons l'exil, c'est une chose. Mais si nous y sommes contraints, alors, tous nos souvenirs entrent en résistance.
Mais que peut perdre comme illusion celui qui est né sans croyance?
Quand vous êtes appelés par la naissance à ramper toute votre vie, que peut-il bien arriver de grave?
Si nous pouvions être toujours certains de ce qui nous pousse à aimer, à espérer. Mais nous sommes des funambules, nous ne savons rien.