Je crois au monde spirituel, et tout le reste ne m'est rien. Mais ce monde spirituel, je crois qu'il n'a d'existence que par nous, qu'en nous; qu'il dépend de nous, de ce support que lui procure notre corps. (...) Je crois qu'il n'y a pas là deux mondes séparés, le spirituel et le matériel, et qu'il est vain de les opposer. Ce sont deux aspects d'un même et unique univers

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Les lois et les censures compromettent la liberté de pensée bien moins que ne le fait la peur. Toute divergence d'opinion devient suspecte et seuls quelques très rares esprits ne se forcent pas à penser et juger comme il faut.
Après-midi, achevé de ranger mes papiers, c'est-à-dire de classer par séries les pages d'anciens carnets qui me paraissent valoir d'être conservés.
(Suarès) ne fait point effort pour se grandir, ni pour enfler sa voix, mais pas non plus pour se réduire et se ramasser; la moindre pensée s'amplifie de tous les échos qu'elle éveille en sa grande âme.
Me voici tombant en pleine réunion de caillettes; elles étaient dix, et Boylesve seul homme, au milieu.
L'amour de la vérité n'est pas le besoin de certitude et il est bien imprudent de confondre l'un avec l'autre.
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Gide vit de ces choses mêmes dont, à mon sens, il ne devrait être permis que de mourir.
J'ai un besoin enfantin, inépuisable de pouvoir m'approuver.
Les expressions de Shakespeare nous apparaissent comme celles-là mêmes dont se serviraient les plus grands objets naturels: une montagne, un glacier, s'ils condescendaient à s'exprimer.
Ne pourrait-on même soutenir que c'est parce que les hommes sont inégaux qu'ils ont d'autant plus besoin d'être frères?
Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis.