Je connais bien la mort.Je suis née veuve.

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Aucune photo, aucun article n'a jamais jusqu'ici provoqué aucun choc si ce n'est peut-être le choc inutile et éphémère de l'horreur et de la compassion Les gens ne veulent pas voir ça et s'ils le voient, ils préfèrent l'oublier.
Je connais bien l'art des noms mensongers qui est celui des boutiquiers et des politiciens
Il lui semblait qu'il côtoyait des fantômes avec lesquels il ne partageait aucune expérience commune et qu'il jugeait de surcroît d'une arrogance insupportable, comme si le fait d'étudier la philosophie leur conférait le privilège de comprendre un monde dans lequel le commun des mortels se contentait bêtement de vivre.
Mais rien ne se passait, un monde avait bel et bien disparu sans qu'aucun monde nouveau ne vienne le remplacer, les hommes abandonnés, privés de monde, continuaient la comédie de la génération et de la mort
Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée.
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Au nom d'un avenir aussi inconsistant que la brume, il se privait de présent, comme il arrive si souvent, il est vrai, avec les hommes.
Il faut vivre et se hâter d'oublier, il faut laisser la lumière estomper le contour des tombeaux.
Sa certitude d'être provisoirement reclus dans un monde étranger qui n'existait qu'entre parenthèses ne l'aida pas à ce faire des amis.
Les mondes passent, en vérité, l'un après l'autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien.
Chaque monde est comme un homme, il forme un tout dans lequel il est impossible de puiser à sa guise, et c'est comme un tout qu'il faut le rejeter ou l'accepter, les feuilles et le fruit, la paille et le blé, la bassesse et le grâce