Nous sommes condamnés à tomber. La seule dignité qui nous soit accordée, afin de nous redresser, est celle d'oser voir. Voir et comprendre, ouvrir les yeux.
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Je comprends ici la différence qui existe entre la beauté et l'esthétique. Le Japon est esthétique et je préfère la beauté : c'est la poésie surgissant tout à coup, de façon inattendue dans sa spontanéité tragique et vitale.
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Oui, la vie porte l'absolu et il revient à l'homme de l'incarner ici, qui ne l'atteindra jamais. Oui, la beauté, la poésie, l'amour, l'éros, la joie, la subversion, l'autonomie, l'indépendance sont des valeurs contemporaines qu'il reste à défendre. Oui, le but de l'homme est l'amour, toujours plus d'amour. Oui, n'en déplaise aux marchands, aux esthètes, aux cyniques, aux épargnants, aux religieux et aux athées, la vie se conjugue dans la dépense, le don, l'ouverture, l'acceptation, la perte.
Je ne sais que faire de mes cris, je suis nue avec cette violence et pourtant que la douceur m'est proche.
Les poètes le savent, les prophètes et les saints : que les mots sont aussi sexuels que le corps des femmes et que le souffle les fécondent s'ils se laissent épouser.
La littérature est faite d'hommes et de femmes qui, à l'aide du verbe, perforent littéralement le monde pour y faire surgir le réel. Là est la connaissance, là est le vrai travail, là est l'amour.
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Seul celui qui a totalement accepté la solitude peut prétendre être accompagné.
Et pourquoi nous ne partons pas ? Pourquoi nous ne quittons pas nos foyers rassurants où l'ennui nous fixe plus sûrement qu'aucun élan nous transcende, pourquoi nous ne filons pas un soir avec trois chemises dans une valise ? Parce que nous avons peur, parce qu'il nous a été enseigné qu'il n'y a point de salut hors du foyer, de la famille, de la société, d'un emploi stable, et pourtant il n'y a rien de plus faux.
La littérature est faite d'hommes et de femmes qui, à l'aide du verbe, perforent littéralement le monde pour y faire surgir le réel. Là est la connaissance, là est le vrai travail, là est l'amour.
Nous croyons être dans le temps en étant dans le monde mais nous ne sommes que des formes qui courent derrière leur nom à la recherche de leur demeure véritable. La seule chose que chaque homme désire est : rentrer chez soi. La seule chose qui en empêche chaque homme est qu'il a oublié le nom, le lieu et le chemin qui mène à sa demeure.
Je n'étais pas encore assez déçue par le monde, j'en espérais toujours quelque chose. Tant que cela perdurait, ce que je cherchais ne pouvait se produire. C'est ce à quoi sert l'expérience, l'humilité de l'expérience. Il ne faut pas lutter, il faut s'abandonner. Car l'expérience a tout son temps. Nous seuls sommes pressés. L'expérience, elle, a l'éternité