J'écris pour devenir un meilleur être humain, c'est vrai, j'écris parce que j'aime écrire, j'écris par goût du travail bien fait, j'écris parce que c'est ma façon de connaître la réalité. J'écris aussi pour être célèbre et admiré, ce qui n'est certainement pas le meilleur moyen de devenir un meilleur être humain. Mon travail est le bastion de mon ego.

À lire aussi de Emmanuel Carrère

L'amour veut la proximité, la réciprocité, l'acceptation de la vulnérabilité. L'amour seul ne dit pas ce que nous passons notre vie à dire tous, tout le temps à tout le monde : Je vaux mieux que toi. L'amour a d'autres façons de se rassurer.
La vérité que personne n'ose dire c'est que la guerre est un plaisir, le plus grand des plaisirs, sinon elle s'arrêterait tout de suite.
On croit que c'est un homme qu'on a devant nous, mais en fait ça n'est plus un homme, ça fait longtemps que ça n'est plus un homme. C'est comme un trou noir, et vous allez voir, ça va nous sautez à la gueule. Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde.
Je suis devenu celui que j'avais peur de devenir. Un sceptique. Un agnostique - même pas assez croyant pour être athée. Un homme qui pense que le contraire de la vérité n'est pas le mensonge mais la certitude.
Il est possible aussi qu'il n'ait rien dit du tout, seulement pensé à dire, rêvé de dire, regretté de n'avoir pas dit et pour finir imaginé qu'il avait dit.
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Dans la même œuvre

J’ai tendance à penser qu’on fait toujours oeuvre utile et bienfaisante en faisant état de sa propre misère, parce que nous avons tous en commun d’être absolument misérables. On boîte tous.
La plupart se croient sur terre pour trouver l’amour, devenir riche, exercer un pouvoir, produire des points de croissance ou laisser son empreinte dans les sables du temps. Les gens qui se savent sur terre pour contempler le ciel, ils sont rares.
C’est un voyage. Au début de ce voyage, dit un poème zen, la montagne au loin a l’air d’une montagne. Au fil du voyage, la montagne ne cesse de changer d’aspect. On ne la reconnaît plus, c’est toute une fantasmagorie qui remplace la montagne, on ne sait plus du tout vers quoi on s’achemine. À la fin du voyage, c’est de nouveau la montagne, mais ça n’a rien à voir avec ce qu’on apercevait de loin il y a longtemps, quand on s’est mis en route. C’est vraiment la montagne. On la voit enfin. On est arrivé. On y est.
Sans me vanter, je suis exceptionnellement doué pour faire d' une vie qui aurait tout pour être heureuse un véritable enfer, et je ne laisserai personne parler de cet enfer-là à la légère : Il est réel, terriblement réel.
Ne pas les juger, ses propres pensées, pas plus que son prochain. Les prendre pour ce qu’elles sont, les voir comme elles sont. Oui, c’est une troisième, et peut-être la plus juste, définition de la méditation : voir ses pensées comme elles sont. Voir les choses comme elles sont.