Il était touchant de voir avec quelle sollicitude on veillait sur la santé et sur le bonheur de la créature humaine. Désirait-on fumer ? Il était exposé avec précision en quelques lignes, pourquoi le Perfecto à cinq cents « Thomas Jefferson » était le seul cigare digne de ce nom. Avait-on au contraire abusé du tabac ? Il y avait là un remède, à un quart de dollar les vingt-cinq pilules, qui garantissait une désintoxication complète dès la dixième dose. Où qu’il tournât le regard, le promeneur s’apercevait que quelqu’un s’était préoccupé de lui faciliter son passage sur cette terre et de l’informer de ce qu’on avait fait pour lui.

À lire aussi de Upton Sinclair

C'est maintenant l'ère du pétrole et, si tu essayes d'en empêcher la production, c'est tout juste comme si tu voulais barrer les chutes du Niagara.
Les devantures des magasins étaient constellées d'inscriptions faussement alléchantes; les clôtures le long des routes, les réverbères, les poteaux télégraphiques étaient recouverts d'affiches trompeuses. La gigantesque Compagnie qui vous employait vous mentait, à vous et au monde entier; tout, du haut jusqu'en bas n'était qu'une phénoménale mystification.
Dorénavant, il serait un homme libre. Il allait briser ses chaînes, faire front, se battre. Désormais, il allait se soucier de lui-même, lutter pour son propre compte contre ce monde qui l’avait leurré et maltraité !
Le Trust était l’incarnation d’une Cupidité aveugle et insensée. C’était un monstre dont les mille gueules avides dévoraient tout, dont les mille sabots piétinaient tout. C’était un ogre, l’esprit du Capitalisme fait chair. Sur son navire battant le pavillon noir des pirates, le Trust écumait l’Océan du Commerce et avait déclaré la guerre à la civilisation. La corruption était sa pratique quotidienne.
Quand on aborde le domaine ultramoderne de la publicité, c'est-à-dire l'art de persuader les gens à acheter ce dont ils n'ont pas besoin, on est au coeur du sinistre système édifié par le capitalisme.
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Dans la même œuvre

Je sais ce qu’il en coûte à un travailleur d’acquérir le savoir. J’en ai payé le prix avec ma chair et mon sang, en me privant de nourriture et de sommeil, en mettant en jeu ma santé, ma vie presque. Alors, lorsque je viens vous parler d’espérance et de liberté, faire miroiter devant vous ce monde nouveau qu’il vous faut créer de toutes pièces, cette nouvelle organisation du travail qu’il faut avoir l’audace d’imaginer, je ne suis pas surpris de vous trouver terre à terre et matérialistes, apathiques et incrédules.
Si je résiste au découragement, c’est que je sais ce que vous avez enduré ; j’ai connu le fouet cuisant de la misère, le mépris cinglant des maîtres, « la morgue du fonctionnaire et toutes les rebuffades ». Mais j’ai la certitude que parmi vous qui êtes là ce soir, si nombreux que vous soyez à avoir sombré dans l’abrutissement et l’indifférence, à être venus par simple curiosité ou pour me tourner en ridicule, il y aura au moins un homme que le chagrin et la souffrance auront poussé à bout, à qui la soudaine révélation des injustices et des horreurs du monde aura fait dresser l’oreille.
Si le gouvernement opprimait le corps des salariés, la Religion, elle, opprimait leur âme et empoisonnait à sa source le fleuve du Progrès. Elle demandait à l’ouvrier de placer ses espoirs dans une vie future, pendant qu’ici-bas on lui faisait les poches et on lui inculquait toutes les fausses vertus prônées par le capitalisme : frugalité, humilité, obéissance. Le sort de l’humanité se jouait là, dans l’ultime corps à corps entre l’Internationale Rouge du Socialisme et l’Internationale Noire de l’Église Catholique, tandis qu’ici, aux États-Unis, « régnaient les ténèbres insondables de l’Évangélisme américain… »
Quand on aborde le domaine ultramoderne de la publicité, c'est-à-dire l'art de persuader les gens à acheter ce dont ils n'ont pas besoin, on est au coeur du sinistre système édifié par le capitalisme.
Si nous sommes la plus grande nation qui ait jamais existé sous le soleil, c’est avant tout, semble-t-il, parce que nous avons réussi à susciter cette frénésie du travail chez nos salariés ! Nous possédons bien sûr d’autres raisons de nous glorifier, comme par exemple notre consommation d’alcool qui atteint une valeur annuelle d’un milliard deux cent cinquante millions de dollars et qui double tous les dix ans.