Si nous sommes la plus grande nation qui ait jamais existé sous le soleil, c’est avant tout, semble-t-il, parce que nous avons réussi à susciter cette frénésie du travail chez nos salariés ! Nous possédons bien sûr d’autres raisons de nous glorifier, comme par exemple notre consommation d’alcool qui atteint une valeur annuelle d’un milliard deux cent cinquante millions de dollars et qui double tous les dix ans.

À lire aussi de Upton Sinclair

Il y a une espèce d’emprisonnement qui consiste à mettre un homme derrière les barreaux en laissant tout les objets de ses désirs au-dehors ; il y en a une autre, plus cruelle, qui consiste à laisser l’homme dehors et à mettre derrière les barreaux tout ce qu’il désire.
L’Amérique, à la différence de la Russie, jouissait d’un régime qu’on appelait démocratique. Afin de pouvoir gouverner et avoir les mains libres pour organiser toutes sortes de combines lucratives, les dirigeants devaient d’abord se faire élire. Il existait deux groupes rivaux de corrupteurs, connus sous le nom de « partis politiques ». Celui des deux qui achetaient le plus de voix accédait au pouvoir.
Si je résiste au découragement, c’est que je sais ce que vous avez enduré ; j’ai connu le fouet cuisant de la misère, le mépris cinglant des maîtres, « la morgue du fonctionnaire et toutes les rebuffades ». Mais j’ai la certitude que parmi vous qui êtes là ce soir, si nombreux que vous soyez à avoir sombré dans l’abrutissement et l’indifférence, à être venus par simple curiosité ou pour me tourner en ridicule, il y aura au moins un homme que le chagrin et la souffrance auront poussé à bout, à qui la soudaine révélation des injustices et des horreurs du monde aura fait dresser l’oreille.
En ce temps-là, aucune loi ne fixait de limite d’âge pour l’embauche des mineurs ; les patrons engageaient tout le monde, à l’exception des nourrissons.
C’est une curieuse nature que celle des femmes. Elles semblent si douces, si impressionnables ! Mais elles ont l’élasticité du caoutchouc, la fluidité de l’eau, qui reprennent immédiatement leur forme et leur place primitive.
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Dans la même œuvre

Je sais ce qu’il en coûte à un travailleur d’acquérir le savoir. J’en ai payé le prix avec ma chair et mon sang, en me privant de nourriture et de sommeil, en mettant en jeu ma santé, ma vie presque. Alors, lorsque je viens vous parler d’espérance et de liberté, faire miroiter devant vous ce monde nouveau qu’il vous faut créer de toutes pièces, cette nouvelle organisation du travail qu’il faut avoir l’audace d’imaginer, je ne suis pas surpris de vous trouver terre à terre et matérialistes, apathiques et incrédules.
Si je résiste au découragement, c’est que je sais ce que vous avez enduré ; j’ai connu le fouet cuisant de la misère, le mépris cinglant des maîtres, « la morgue du fonctionnaire et toutes les rebuffades ». Mais j’ai la certitude que parmi vous qui êtes là ce soir, si nombreux que vous soyez à avoir sombré dans l’abrutissement et l’indifférence, à être venus par simple curiosité ou pour me tourner en ridicule, il y aura au moins un homme que le chagrin et la souffrance auront poussé à bout, à qui la soudaine révélation des injustices et des horreurs du monde aura fait dresser l’oreille.
Si le gouvernement opprimait le corps des salariés, la Religion, elle, opprimait leur âme et empoisonnait à sa source le fleuve du Progrès. Elle demandait à l’ouvrier de placer ses espoirs dans une vie future, pendant qu’ici-bas on lui faisait les poches et on lui inculquait toutes les fausses vertus prônées par le capitalisme : frugalité, humilité, obéissance. Le sort de l’humanité se jouait là, dans l’ultime corps à corps entre l’Internationale Rouge du Socialisme et l’Internationale Noire de l’Église Catholique, tandis qu’ici, aux États-Unis, « régnaient les ténèbres insondables de l’Évangélisme américain… »
Quand on aborde le domaine ultramoderne de la publicité, c'est-à-dire l'art de persuader les gens à acheter ce dont ils n'ont pas besoin, on est au coeur du sinistre système édifié par le capitalisme.
A l’abattage, les ouvriers étaient le plus souvent couverts de sang et celui-ci, sous l’effet du froid, se figeait sur eux. Pour peu que l’un d’eux s’adossât à un pilier, il y restait collé ; s’il touchait la lame de son couteau, il y laissait des lambeaux de peau. Les hommes s’enveloppaient les pieds dans des journaux et de vieux sacs, qui s’imbibaient de sang et se solidifiaient en glace ; puis une nouvelle couche s’ajoutait à la précédente, si bien qu’à la fin de la journée ils marchaient sur des blocs de la taille d’une patte d’éléphant.