Et loué. Auschwitz. Soit. Majdanek. L'Eternel. Treblinka. Et loué. Buchenwald. Soit. Mauthausen. L'Eternel. Belzec. Et loué. Sobibor. Soit. Chelmno. L'Eternel. Ponary. Et loué. Theresienstadt. Soit. Varsovie. L'Eternel. Vilno. Et loué. Skarzyzko. Soit. Bergen-Belsen. L'Eternel. Janow. Et loué. Dora. Soit. Neuengamme. L'Eternel. Pustków Pustków. Et loué…
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Il pensa aux montagnes de chair partie en fumée et il crut que sa respiration s'arrêtait. Il se planta devant le miroir et dit ; « Que fais-tu là, ta place n'est pas ici, tu sais bien où est ta place. Elle est avec les tiens ; tu es un juif mort. »
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Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ? La boucle s'achevait, l'enquête sur le grand massacre passé de la terre l'avait renvoyée à elle-même, Linemarie, à son propre univers, et elle s'interrogeait sur le contenu de ces malles, sur l'étrange folie de cet homme : Peut-être était-ce là son véritable objectif : non pas écrire un livre, mais demeurer en contact avec les disparus, leur ménager un espace de vie sur la terre, en son esprit, jour après jour, jusqu'à sa disparition d'ici-bas… Sur l'étrange folie de cet homme qui avait consacré sa vie à remplir ces milliers de feuillets de son écriture, sans jamais pouvoir écrire le mot "Fin" .
Nos malheureux frères sont devenus français, allemands, turcs et chinois peut-être, s'imaginant que cessant d'être juifs ils en finiraient avec la souffrance.
Quel feu ancestral et sévère s'était donc allumé au sein des tièdes âmes juives de Stillenstadt, assoupies depuis cent ans en cette calme province rhénane, et qui brusquement découvraient, avec la persécution, le sens vertigineux de la condition juive ?
Il est admirable que dans le temps où ils enseignaient le meurtre aux écoliers aryens, les instituteurs enseignaient aux enfants juifs le suicide ; ce point illustre la technique allemande, son extrême rigueur et simplicité, dont elle ne se départit pas même en pédagogie.
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Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ? La boucle s'achevait, l'enquête sur le grand massacre passé de la terre l'avait renvoyée à elle-même, Linemarie, à son propre univers, et elle s'interrogeait sur le contenu de ces malles, sur l'étrange folie de cet homme : Peut-être était-ce là son véritable objectif : non pas écrire un livre, mais demeurer en contact avec les disparus, leur ménager un espace de vie sur la terre, en son esprit, jour après jour, jusqu'à sa disparition d'ici-bas… Sur l'étrange folie de cet homme qui avait consacré sa vie à remplir ces milliers de feuillets de son écriture, sans jamais pouvoir écrire le mot "Fin" .
La seule simplicité de l'Holocauste était celle-ci ; les juifs étaient morts pour rien, strictement pour rien, une bouffée délirante dans le cerveau d'un homme quelconque, Adolf Hitler… C'était l'impression fondamentale qu'il conservait de cette époque ; les gens mouraient sans comprendre terrassés par l'absurde.