Il faut aussi rêver sa révolution, pas seulement la construire.

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Je pense que nous sommes dans un siècle, non seulement dans la musique du reste, où l'on dispose de capacités d'accumulation de documentation absolument effrayantes. Plus les capacités de documentation croissent (grâce aux moyens technologiques qui sont maintenant à notre disposition), plus on va vers une accumulation auprès de laquelle la bibliothèque d'Alexandrie devait être un enfantillage...
Je trouve qu'une civilisation ou, pour parler plus généralement, qu'une culture qui ne sait pas se débarrasser de son passé et qui quelquefois même le tue, est une culture faible, en voie de disparition ou menacée de disparaître.
Je pense qu'on doit mettre le feu à sa bibliothèque tous les jours, pour qu'ensuite la bibliothèque renaisse comme un phénix de ses cendres, mais sous une forme différente. Pour moi, ce qui est intéressant, c'est justement de ne pas être étouffé par la bibliothèque.
Je crois qu'on doit avoir des faiblesses. Chacun a ses faiblesses, et je n'en ai aucune pour le cinéma. Franchement, il y a une telle production commerciale, qui domine tellement les quelques films qui sont intéressants…
Tout le monde n'a pas la capacité de se hisser à un niveau de culture, soit qu'il ne le veuille pas, soit qu'il ne le puisse pas. C'est ce que je disais à propos du final de la Neuvième Symphonie de Beethoven qui est pris comme jingle de l'Europe : il sera probablement toujours, jusque dans un avenir assez prévisible, moins populaire qu'un match de base-ball en Amérique ou un match de football en France.
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