Il explique à sa femme que l'amour de loin, c'est comme un compte en banque, on n'en jouit pas. Mais il veut savoir comment les enfants sont traités. Comment ils grandissent.

À lire aussi de Jean-Jules Richard

On ne peut bien vaincre que ce que l'on déteste.
Tout homme a besoin de s'attacher à une bouée spirituelle ou superstitieuse, tourmenté qu'il est par le mystère de l'inconnu, notamment celui du secret de la mort
Elle refuse grossièrement d'engraisser. J'ai beau lui dire que sans la graisse les phoques, les otaries et les autres animaux du pôle nord mourraient gelés. Une femme potelée en vaut deux. Cette femme flotte en quelque sorte sa vie sans péril. Elle ne coule pas comme une épave gorgée d'eau.
Un cheval dompté n'a pas la vie belle. Une femme non plus.
« Le défaut des Canadiens, c'est une qualité, c'est la complaisance ! » — C'est un des maîtres d'école qui parle. Il est bien instruit. — Je pense pas. Il est tout juste assez instruit pour rester ignorant. Écoute-le si tu veux, moi j'y crois pas, dit Gilles l'anarchiste. — La complaisance est une disposition à s'accommoder au plaisir et aux désirs des autres. C'est le désir de plaire par intérêt et en même temps la crainte de déplaire.
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Dans la même œuvre

La fatigue, la faim. Puis la haine leur saute à la gorge. Dans ces moments de désespoir, la haine surgit toujours. La haine des nazis et de l'Europe entière. La haine des principes de la diplomatie. La haine des politiciens et de leurs adeptes. La haine de la divinité absente. La haine du militarisme et des supérieurs. L'animosité envers les sous-officiers. (...) La haine de soi-même volontaire, aventurier leurré par la propagandes des trafiqueurs de chair. La haine de tout et la haine de la haine qui fait souffrir.
On commence à haïr. On hait l'obscurité. On hait les bouffées de puanteur venues des charognes et des rêves. On hait son propre instinct de prendre abri. On hait ses propres réflexes. On hait ceux qui marchent à côté, en avant, en arrière. On hait ceux qui commandent. On se hait soi-même
Et après tout, on n'est pas responsable de ses pensées. On est coupable seulement de celles que l'on cultive
On lui ouvre un passage avec respect — les tyrans souvent se désemparent devant leur victime
À moins qu'on ait pris des habitudes de fidélité. La fidélité elle-même est de la sécheresse. On se fatigue de sécher