Faut-il vivre encore quand on n'est plus en état de vivre ?

À lire aussi de Marie-Louise Audiberti

On a quitté la jeunesse et la vieillesse est encore loin.
Un accoutrement bizarre, une femme est vite cataloguée de vieille folle. Vieux fou a plus de panache. Un vieux fou, c'est un savant, un poète une vieille folle, c'est une folle.
Parce que vieillir c'est s'arracher à soi, un soi habituel, commode, et en même temps s'approche du noyau dur. Plus tu vieillis, plus tu es. Plus tu t'effaces, plus tu es là. Finis les masque et les stratagèmes.
L'âge, cet autre nord qui nous glace et nous ride, de la fille aux doux yeux fait un spectre livide.
Mais vieillir signifie alors devenir vieux, avec la mort à l'horizon, sourde à nos cris.
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Dans la même œuvre

L'âge, cet autre nord qui nous glace et nous ride, de la fille aux doux yeux fait un spectre livide.
Parce que vieillir c'est s'arracher à soi, un soi habituel, commode, et en même temps s'approche du noyau dur. Plus tu vieillis, plus tu es. Plus tu t'effaces, plus tu es là. Finis les masque et les stratagèmes.
L'ombre des vies non vécues ne pèse guère si le rêve est plus fort.
On veut vivre autant que possible, se sauver, persévérer, et cultiver toutes ces choses qui, infiniment plus grandes et puissantes que soi, font néanmoins partie de ce petit «moi» qu'elles débordent de tous côtés.
On a quitté la jeunesse et la vieillesse est encore loin.