Etrange disparition que celle de la lecture à voix haute. Qu'est-ce que Dostoïevski aurait pensé de ça? Et Flaubert? Plus le droit de se mettre les mots en bouche avant de se les fourrer dans la tête? Plus d'oreille? Plus de musique?

À lire aussi de Daniel Pennac

Le lendemain 26, reprise du boulot. Comme chaque jour, Julius m'accompagne au métro Père-Lachaise, puis s'en va draguer à Belleville pendant que je gagne sa patée. Sa baballe toute neuve est coincée entre ses mandibules baveuses depuis avant-hier soir.
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais.
Ce qu'ils veulent, ce n'est pas la vérité, voyez-vous, c'est la cohérence.
L'amour rend aveugle, Benjamin. L'amour doit rendre aveugle! Il a sa lumière propre. Eblouissante.
Une cave, c'est la mémoire de la maison. Ce n'est pas seulement plein de choses dont on ne se sert plus, c'est aussi plein de souvenirs qu'on ne veut pas oublier.
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Dans la même œuvre

Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres: le verbe aimer... le verbe rêver.
L'homme construit des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel.
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais.
En argot, lire se dit ligoter. En langage figuré un gros livre est un pavé. Relâchez ces liens, il devient un nuage.
La lecture ne relève pas de l'organisation du temps social, elle et, comme l'amour, une manière d'être.