Et ben dis donc, j'ai bien fait de ne jamais ouvrir un livre de ma vie ! Je savais bien que la lecture, c'était dangereux !

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Un journal intime est toujours lu comme le reflet sincère de la pensée de son auteur. C'est pourquoi cette forme d'écriture est particulièrement prisée par ceux qui ne veulent pas que l'on connaisse leurs pensés.
Il est toujours fascinant de voir comment le fait d'être innocent n'est en rien une garantie d'échapper au soupçon, à la culpabilité, voire à la condamnation. On peut pousser le paradoxe jusqu'à dire que cet état est parfois même un handicap. L'innocent se croit intouchable. Il pense que sa bonne foi se lit sur son visage.
La caractéristique la plus remarquable du suspense, ce n'est pas le plaisir qu'il est susceptible de procurer, mais bien son potentiel de frustration. Il n'y a rien de plus désagréable pour un lecteur de roman qui a cherché sa voie dans le mystère que de devoir se satisfaire, lors du dénouement, d'une explication bancale qui tombe à plat.
Que peut-on faire contre quelqu'un qui a décidé de commettre un acte gratuit, sans mobile apparent ? Admettons qu'une personne vous choisisse, vous, au hasard, et qu'elle décide de bouleverser votre existence. Rien ne lui sera plus facile. Chaque être qui croise notre route, même le plus insignifiant, tient notre destinée entre ses mains. Sans en avoir conscience, heureusement. Ce serait une pensée trop grisante.
Chaque phrase prononcée faisait de moi le suspect idéal. Le pire, c'est que je m'en rendais compte. Si j'avais dû me juger, je me serais condamné.
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