Elle déteste décembre parce que c’est un mois bouffé par la nuit qui tombe d’un seul coup, avant qu’elle n’ait eu le sentiment de se réveiller, un mois bouffé par les fêtes de Noël qui donnent l’illusion qu’il se termine le 25 et orchestrent les jours qui précèdent en un vaste crescendo de guirlandes et de boules lumineuses, un mois bouffé par la chasse aux cadeaux comme si rien d’autre n’avait d’importance.

À lire aussi de Alice Zeniter

Le silence n'est pas un espace neutre, c'est un écran sur lequel chacun est libre de projeter ses fantasmes.
Mais on n’ôtera pas de l’esprit de Naïma que la vraie raison d’être des séries télé, ce sont les dimanches de gueule de bois qu’il faut parvenir à remplir sans sortir de chez soi.
La littérature est une forme de plaisir poussée à son raffinement le plus extrême par des écrivains que le rapport habituel au langage ne satisfait plus.
L'argent n'est rien en soi. Il est tout dès qu'il se transforme en une accumulation d'objets.
Des Flandres jusqu'au Congo, répète avec application Annie à son père au moment du dîner, partout la loi s'impose et cette loi est française.
Toutes les citations de Alice Zeniter →

Dans la même œuvre

L'amour, c'est bien, oui, dit Ali à son fils, c'est bon pour le cœur, ça fait vérifier qu'il est là. Mais comme la saison d'été, ça passe. Et après il fait froid.
Pendant les journées de gueule de bois, elle touche du doigt l'extrême difficulté que représente être vivant et que la volonté réussit d'ordinaire à masquer.
En montrant qu'on est riche, on le devient moins. Ni Ali ni ses frères ne penseraient à mettre de l'argent de côté pour le faire "fructifier" ou pour les générations à venir, pas même pour les coups durs. L'argent se dépense dès qu'on l'a.
L'affection du commerçant pour Hamid ne parvient pas à briser l'un des interdits tacites de la société coloniale : la séparation du domaine public et du domaine privé. C'est toujours dans l'épicerie que l'on accueille le petit garçon et son père, jamais dans l'appartement au-dessus.
Il lui paraît également évident que Hamid n'aura de choix dans la vie que s'il a reçu une éducation. C'est pour lui la seule arme dont dispose un fils de paysan.