Écrire comme on accouche, comme on dégueule, écrire pour crier et pour ne pas pleurer. Écrire pour exister, pour ne pas être un zombi, anonyme et sans but

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Depuis que je la connais, il y a son nom à toutes les pages de mon journal. C'est mon obsession, mon rêve éveillé, la page blanche que je voudrais emplir de couleurs pastel
Papa! Papa! Papa! je dis ton nom et la peine en moi fait écho au silence
Les hommes chantaient, les femmes, les enfants chantaient l'espoir, la chaleur du combat et les aubes qu'ils ne verraient pas, chantaient dans la nuit qui n'avait pas été si douce depuis longtemps. Et le chant, surpris au détour d'une virgule, le chant, frappé en plein coeur par une rafale de balles, le chant s'éleva plus haut, plus beau, grandiose dans la nuit rose avant de trébucher et s'affaisser face contre terre, le chant, jusqu'au dernier soupir
En moi s'est formée une grosse poche de silence qui sera toujours là et qui s'appelle papa, papa, papa…
La poche de silence est encore là, elle sera toujours là, toute ma vie
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Écrire chaque jour qui passe, comme un devoir, impératif impérieux, comme on engage sa vie comme on engage son coeur. Comme on engage un combat