Cette méditation galvaudée de John Donne, « aucun homme n’est une île », prend dans la contagion une nouvelle et obscure signification.

À lire aussi de Paolo Giordano

Les épidémiologistes savent que le seul moyen de stopper l’épidémie est de réduire le nombre de Susceptibles. Leur densité dans la population doit s’amenuiser de façon à rendre la diffusion improbable.
Tout est malade dehors, disait-il. Tu ne le vois pas ? Tu ne vois pas que nous avons tout abîmé ?
Il y avait eu cet épisode, et il y en avait eu de nombreux autres, qu'elle avait oubliés, car l'amour de ceux que nous n'aimons pas se dépose à la surface de nos pensées et s'évapore en toute hâte.
Dans la contagion, nous sommes un organisme unique. Dans la contagion, nous redevenons une communauté.
On ne voyait pas à deux mètres. Il n'y avait que du blanc, dessus, dessous, de côté. On avait l'impression d'être enveloppé dans un drap. C'est l'exact contraire de l'obscurité, mais c'était tout aussi effrayant.
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Dans la même œuvre

J'ai décidé d'employer ce vide à écrire. Pour tenir à distance les présages et trouver une meilleure façon de réfléchir à tout cela. L'écriture a parfois le pouvoir de se muer en un lest qui ancre au sol. Ce n'est pas tout : je ne veux pas passer à côté de ce que l'épidémie nous dévoile de nous-mêmes. Une fois la peur surmontée, les idées volatiles s'évanouiront en un instant – il en va toujours ainsi avec les maladies.
Pour le virus, l'humanité entière se partage en trois groupes : les susceptibles, c'est-à-dire tous ceux qu'il pourrait encore contaminer ; les infectés, c'est-à-dire ceux qu'il a déjà contaminés ; et les rejetés, ceux qu'il ne peut plus contaminer.
La meilleure décision n'est pas celle que j'ai prise en fonction de mon intérêt exclusif. La meilleure décision est celle qui considère mon intérêt et en même temps celui de tous les autres. Bref, je regrette, mais ce sera pour plus tard.
Dans la contagion, nous sommes un organisme unique. Dans la contagion, nous redevenons une communauté.
Je cherche une formule concise, un slogan à mémoriser, et je le trouve dans un article de Science datant de 1972 : More is different : (Plus est différent).