Certains mots ont la force du désespoir.

À lire aussi de Eric Fottorino

La confiance est une forme d'inconscience.
Mal nommer les choses, jugeait Camus, c'est ajouter au malheur du monde. Ne pas nommer les choses, c'est nier notre humanité.
Tout se passait dans son regard. Le regard de Lina. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Je lisais son trouble à sa façon de plisser les paupières. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour. La petite fille était invisible à mes yeux. Elle crevait les tiens. Chaque jour j'étais là, et chaque jour confirmait son absence. J'étais ton garçon, je n'étais que ça, mais j'avais pris toute la place.
La peau se souvient. Nous sommes des êtres de tissu.
Je réalisai que chaque lettre du mot crier était contenue dans le verbe écrire. Ce fut une révélation : écrire, c'était crier en silence.
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Les gens qui n'ont rien dans le coeur pensent que les suicidés n'ont rien dans le ventre.
Tôt ou tard, le chacun pour soi est un chacun contre soi.