Cela paraît un incroyable soulagement de savoir qu'il existe quelqu'un en dehors de sa propre personne qui n'est pas heureux à longueur de temps. Il faut aller très mal pour se retrouver ainsi plongé dans les ténèbres : au point de croire que les autres, pour la simple raison qu'ils sont « autres », sont invulnérables. C'est un fichu mensonge.

À lire aussi de Sylvia Plath

Voir chaque scène dans toute sa profondeur, la traiter amoureusement comme un joyau aux multiples facettes. Trouver la lumière, l’ombre et la couleur vive. Déterminer la scène la veille au soir. Puis dormir dessus et l’écrire le matin.
L’ennui, c’est que l’église, même l’église catholique, ne vous absorbe pas entièrement. On peut s’agenouiller et prier pendant des heures, mais il faut quand même manger trois fois par jour, avoir un boulot et vivre dans le monde.
J’ai horreur de parler à un groupe. Quand je dois parler à un groupe, j’essaie toujours d’isoler une personne et de lui parler à elle, mais pendant que je parle je sens que les autres m’observent et me prennent en traître. J’ai également horreur des gens qui vous demandent pleins d’entrain comment vous vous sentez et qui s’attendent à ce que vous leur répondiez « Très bien » alors qu’ils savent pertinemment que vous êtes à l’agonie.
Le seul amour parfait que je ressente est pour mon frère. Parce que je ne peux l'aimer physiquement, je l'aimerai toujours.
Je voyais les jours de l’année s’étaler devant moi, comme une succession de boîtes blanches, brillantes et pour séparer chaque boîte de la suivante, il y avait comme une ombre noire, le sommeil... Malheureusement pour moi, la longue zone d’ombre qui séparait les boîtes les unes des autres avait disparu et je voyais chaque jour briller devant moi une sorte de large route blanche, désertique.
Toutes les citations de Sylvia Plath →

Dans la même œuvre

Ce que je redoute le plus, je crois, c'est la mort de l'imagination. Quand le ciel, dehors, se contente d'être rose, et les toits des maisons noirs: cet esprit photographique qui, paradoxalement, dit la vérité, mais la vérité vaine, sur le monde.
Désormais, je parlerai toutes les nuits. A moi-même. A la lune. Je marcherai, comme je l'ai fait ce soir, jalouse de ma solitude, dans le bleu argenté de la lune glaciale, qui miroite sur les congères de neige fraîche en renvoyant des milliers d'étincelles.
Je me parle à moi-même en contemplant les arbres sombres, d'une bienheureuse neutralité. C'est tellement plus facile que d'affronter les gens, que de devoir paraître heureuse, invulnérable, intelligente. Tous masques ôtés, je me promène en parlant à la lune, à cette force neutre et impersonnelle qui n'entend pas, mais se contente tout bonnement d'accepter mon existence.
Le seul amour parfait que je ressente est pour mon frère. Parce que je ne peux l'aimer physiquement, je l'aimerai toujours.
Je dois me souvenir, c’est de cette matière qu’est faite la littérature, de cette matière de vie remémorée.