Ce qui dérange le plus les croyants d'une religion, ce ne sont pas les croyants d'une autre, et pas même les athées, mais quelque chose de pire, les sceptiques, les tièdes.

À lire aussi de Antonio Muñoz Molina

Tu changes de ville, de chambre, de visage, de ville, d'amour, mais même quand tu te dépouilles de tout, il reste toujours quelque chose de permanent, qui réside en toi depuis que tu es doué de mémoire.
Quand on invente, on a la vaine assurance de prendre possession des lieux et des choses, des gens à propos desquels on écrit : dans mon bureau, sous la lumière de la lampe qui éclaire mes mains et le clavier, la souris et le coquillage dont j’aime caresser distraitement les cannelures du bout de mes doigts, la carte postale de la fillette de Velázquez, je peux avoir la sensation que rien de ce que j’invente ou dont je me souviens ne se trouve en dehors de moi, de cet espace fermé.
La peinture nécessite un degré de contemplation qui est parfois un problème pour les personnes actives.
Il est certain que beaucoup d’entre nous aimeraient vivre dans le passé immuable de nos souvenirs.
Je crois qu'il n'est pas vrai, comme on le dit, qu'en voyageant on pourrait devenir un autre: ce qui se passe, c'est qu'on se trouve allégé de soi-même, de ses obligations et de son passé, tout comme on réduit tout ce qu'on possède aux quelques choses nécessaires à son bagage.
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Dans la même œuvre

Le temps qui toujours se termine alors qu'au début, la ferveur de la rencontre l'avait fait paraître illimité.
La peinture nécessite un degré de contemplation qui est parfois un problème pour les personnes actives.
Ce que l'on a gagné en une seule minute d'éblouissement, on le perd avec autant de facilité.
A la guerre, personne ne comprend rien. Ceux qui semblent y comprendre quelque chose sont les plus hypocrites de tous, les plus fous ou les plus dangereux.