À l’époque, les femmes étaient beaucoup plus ardentes qu’aujourd’hui, dit-il, ou plutôt disait-il parce qu’aujourd’hui il raconte peu de chose, pas comme avant, lorsque je le mettais sur le sujet et qu’il s’emballait, qu’il n’y avait pas moyen de l’arrêter et qu’il était pénible de se promener avec lui dans la rue, parce qu’il parlait très fort et regardait toutes les femmes avec un sans-gêne qui n’est plus de mise, et qui n’est pas non plus le propre d’un homme de son âge. Regarde, ne loupe pas ça, regarde le cul et les nichons de celle-là, regarde sa démarche.
❧
A la guerre, personne ne comprend rien. Ceux qui semblent y comprendre quelque chose sont les plus hypocrites de tous, les plus fous ou les plus dangereux.
◆
À lire aussi de Antonio Muñoz Molina
L’attente d’un désastre inévitable est pire que le désastre lui-même.
Le temps qui toujours se termine alors qu'au début, la ferveur de la rencontre l'avait fait paraître illimité.
Je crois qu'il n'est pas vrai, comme on le dit, qu'en voyageant on pourrait devenir un autre: ce qui se passe, c'est qu'on se trouve allégé de soi-même, de ses obligations et de son passé, tout comme on réduit tout ce qu'on possède aux quelques choses nécessaires à son bagage.
Il n’y a pas de limite aux histoires inimaginables qu’on peut entendre à condition de faire un peu attention, aux romans qu’on découvre soudain dans la vie de n’importe qui.
Dans la même œuvre
Le temps qui toujours se termine alors qu'au début, la ferveur de la rencontre l'avait fait paraître illimité.
La peinture nécessite un degré de contemplation qui est parfois un problème pour les personnes actives.
Ce que l'on a gagné en une seule minute d'éblouissement, on le perd avec autant de facilité.
Ce qui dérange le plus les croyants d'une religion, ce ne sont pas les croyants d'une autre, et pas même les athées, mais quelque chose de pire, les sceptiques, les tièdes.