C'est l'histoire d'une espèce qui se regarde dans le miroir sans admettre que son visage est celui de Donald Trump. Ni que le monothéisme lui fait une vilaine peau. C'est l'histoire de la chute du vieux papatronat à l'heure où la puissance ne sait plus dans quel corps elle devrait s'incarner. C'est l'histoire du pouvoir qui, soudain, change de camp.
❧
Ce livre est un appel, plus qu’un essai, c’est une sorte de livraison d’un intime qui essaie de réfléchir à ce que c’est qu’être féministe aujourd’hui. J’appartiens à une génération où la construction de la femme n’était pas si simple. La construction de l’identité est faite de plein de facettes et surtout d’expériences. J’ai écrit une trentaine de livres et j’avais besoin de faire le point sur l’endroit d’où je parle, sur ce que je suis devenue et par où je suis passée.
◆
À lire aussi de Chloé Delaume
Le couillidé ne contrôle plus rien mais à part la taille de sa barbe. Les jeunes filles codent et les enfants rient de la fable du chevalier. Évolution des moeurs et des pratiques de vie. Sur les écrans, trop de héros ; dans la réalité, protéger est un verbe qui ne se conjugue plus qu'à l'échec antérieur.
La sororité est une attitude. Ne jamais nuire volontairement à une femme. Ne jamais critiquer publiquement une femme, ne jamais provoquer le mépris envers une femme.
J’aime assez l’idée d’assister à une époque historique, c’est un mouvement un peu irrémédiable, la force fait quand même plier, il y a une volonté de masse, quelque chose de l’ordre de la révolution des moeurs, et il n’y a que comme ça que ça peut se passer. Les lois ne pourront pas empêcher les violences conjugales, c’est par les moeurs qu’il faut que ça passe. Avant de punir, il faut qu’on arrive à neutraliser le phénomène.
J'avais trop peu d'amis pour me crever chez eux. Et je suis bien élevée. On ne meurt pas chez les gens ce n'est pas très poli.
Dans la même œuvre
Au début, je voulais écrire une pièce de théâtre car je voulais parler aux gens clairement, et comme je m’emberlificotais dans la préparation de cette pièce, au bout d’un moment je me suis dit : on arrête les machineries, les expérimentations, les systèmes et les complications stylistiques et on va à l’essentiel c’est-à-dire, juste parler, ce qui est un peu nouveau pour moi. Je voulais montrer à quel point le performatif est effectif chez moi, je suis vraiment devenue celle que je voulais, indépendamment du déterminisme social, des traumas pas toujours évidents à gérer et de ma bipolarité. C’est une conquête de territoire corporel finalement.
J’aime assez l’idée d’assister à une époque historique, c’est un mouvement un peu irrémédiable, la force fait quand même plier, il y a une volonté de masse, quelque chose de l’ordre de la révolution des moeurs, et il n’y a que comme ça que ça peut se passer. Les lois ne pourront pas empêcher les violences conjugales, c’est par les moeurs qu’il faut que ça passe. Avant de punir, il faut qu’on arrive à neutraliser le phénomène.
Ce qui est intéressant c’est de voir la réception du mot « féministe » à travers les âges, et on ne s’en sort toujours pas, il y a encore du mépris ou du dédain dans le terme de « féministe ». C’est pour ça qu’il faut qu’on s’en ré-empare, qu’on en refasse une force vive et un mot qui porte la révolution. Il faut que le « nous » soit constitué, c’est en ayant un « nous » fort que ça peut marcher, c’est pour ça qu’il faut de la solidarité et de la sororité.