Car ils étaient unis par un fil... qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leur espèce, deux individus qui avaient reconnu leur solitude dans celle de l'autre.

À lire aussi de Paolo Giordano

Qui tue un animal adulte deviendra fou. Qui mange de la viande sera de couleur rouge ou rousse, une coccinelle ou un renard. Qui vole rampera. Qui tue un être humain renaîtra comme la plus abominable des créatures, voilà ce qu’affirmait Cesare. Puis il ajoutait : Priez notre Seigneur Dieu afin qu’il ait pitié de vous, demandez sans cesse son pardon.
Ainsi, dans la contagion, ce que nous faisons ou nous abstenons de faire ne nous concerne plus exclusivement. C’est une chose que j’aimerais ne pas oublier, y compris quand tout sera terminé.
L'amour de ceux que nous n'aimons pas se dépose à la surface de nos pensées et s'évapore en toute hâte.
La contagion a déjà compromis nos liens. Et apporté une grande solitude : la solitude des malades dans les unités de soins intensifs, qui communiquent à travers une vitre, et une autre, diffuse, celle des bouches cachées derrière les masques, des regards soupçonneux, de l’obligation de rester chez soi. Dans la contagion, nous sommes tous libres et assignés à résidence.
Je vous ai regardés dormir un moment. Il est toujours miraculeux de regarder l’innocence dormir. Et, même si vous ne le croyez plus, vous êtes encore le miroir de cette innocence. Vous l’êtes encore, oui, même si vous avez maintenant du poil aux joues.
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Dans la même œuvre

Il y avait eu cet épisode, et il y en avait eu de nombreux autres, qu'elle avait oubliés, car l'amour de ceux que nous n'aimons pas se dépose à la surface de nos pensées et s'évapore en toute hâte.
On peut tomber malade d'un souvenir elle, elle était tombée malade de cet après-midi-là, dans la voiture, devant le parc, quand elle avait placé son visage devant le sien pour lui ôter de la vue ce lieu d'horreur.
L'idée de pouvoir maigrir au point de devenir invisible lui provoqua un agréable serrement d'estomac.
Il l'avait appris : les choix se font en l'espace de quelques secondes et se paient le reste du temps.
Cette pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges.