C'est une erreur de croire qu'on attachera par des bienfaits. Si l'on attache quelqu'un, ce n'est presque jamais que soi-même.

À lire aussi de Louise Ackermann

Quand le temps a passé sur nos amours et nos douleurs, notre coeur qui s'est calmé reste tout étonné de ses excès.
En entrant dans la vie, la femme se met tout d'abord sous la conduite de ses sentiments, et comme ceux-ci sont le plus souvent emportés et aveugles, il en résulte qu'avec de pareils guides elle va parfois donner tête baissée dans toute sorte de broussailles et de précipices, ce dont elle ne laisse pas d'être elle-même fort étonnée.
Combien le coeur de l'homme est insuffisant ! Il se refuse à la continuité des plus justes douleurs ; un long amour finit par le lasser ; il faut qu'il se repose ou qu'il change.
Le vers doit être à la fois transparent et fluide ; il faut qu'il laisse passer la lumière et qu'il coule.
Musset a rendu difficile la tâche des poètes à venir. Le coeur qu'ont une fois ému ses accents pénétrants reste exigeant ; il n'est plus capable de s'ouvrir à la première poésie venue. Il lui faut de la passion et de l'émotion à tout prix.
Toutes les citations de Louise Ackermann →

Dans la même œuvre

Combien le coeur de l'homme est insuffisant ! Il se refuse à la continuité des plus justes douleurs ; un long amour finit par le lasser ; il faut qu'il se repose ou qu'il change.
Il est étrange que, parfaitement certains de la brièveté de la vie, nous prenions tant à coeur les intérêts qui s'y rapportent. Quelle est cette activité, ce mouvement, à l'entour de places et de richesses dont nous aurons si peu de temps à jouir ? Et ces pleurs sur des morts chéris que nous irons rejoindre demain ? L'homme sait tout cela, et cependant il s'agite, il s'inquiète, il s'afflige, comme si la fin de ces empressements et de ces larmes n'était pas prochaine, et nulle philosophie ne peut lui donner sur toutes choses l'indifférence qui convient à un condamné à mort sans espoir ni recours.
Il y a chez chacun de nous, surtout dans la jeunesse, quelque chose qui chante. La plupart des hommes ne se rendent pas compte de cette musique vague et fugitive ; le poète seul arrête au passage les divins accents.
L'adoucissement des moeurs se manifeste par le mouvement actuel contre la peine de mort. Il existe une répugnance croissante contre cet acte de cruauté sociale. Et la peine de l'enfer, qu'en disent messieurs les dévots ? Il me semble que leur Dieu, tout bon Dieu qu'il est, devrait bien venir prendre chez nous des leçons d'humanité.
Il en est de certains points culminants de notre vie comme des hautes montagnes : quelle que soit la distance qui nous en sépare, ils nous paraissent toujours proches.