C'est une très belle histoire que nous vivons, puisque nous la vivons.
L'oubli est parfois aussi important que la mémoire.
La fin des jalousies, c'est l'indifférence.
La tendresse tue. L'absence de tendresse assassine.
Le mystère de l'art, c'est que tout sonne juste, quand tout est faux.
Le plus beau des romans est une lettre, un texte que personne ne pourrait résumer, et qui n'aurait de raison que pour moi-même.
Endormi, je ne suis plus propriétaire de rien, je suis appartenu. Mené. Décidé par quelqu'un d'autre ...
On ne se voit vieillir que dans le regard des autres.
Le temps accuse, cela suffit. Il unit, réunit, sépare. Le temps joue terriblement avec nous.
Les pièges sont dans les mots, au hasard de leurs choix ou de leurs répétitions.
Jeu de quilles: un être peut faire tomber l'autre sans tomber lui-même.
La passion fait de nous des oiseaux de nuit que la lumière éblouit, des oiseaux méfiants aussi, qui préfèrent la nuit.
Les regards parfois interdisent les mots.
Le 9 septembre 1935, je lis il n'est pas de problèmes, si complexes soient-ils, qu'une absence de décision ne puisse résoudre. Le 11 juillet 1951, je lis faire de la politique, ce n'est pas résoudre des problèmes, c'est faire taire ceux qui les posent.
La parole est à double tranchant et les parleurs font souvent les reproches qu'ils n'osent pas se faire. Ils se débarrassent ainsi du fardeau de leurs jalousies et de leur manque à l'échange.
Œuvres de Yves Navarre