La véritable gloire ne vole pas comme le papillon ; elle ne s'acquiert que par des actions réelles et solides. Elle veut toujours remplir ses devoirs à la lettre. Son premier et véritable principe est la vérité...
La plupart des gens répètent comme des perroquets ce qu'ils ont entendu dire à des demi-savants qui, n'ayant que des connaissances imparfaites, raisonnent le plus souvent de travers.
Le premier de tous les biens est la santé, le deuxième le pain cuit, le troisième la liberté, le quatrième de bons amis, le cinquième femme à son gré, tous les autres sont chimériques...
La fortune m’a fait naître le plus pauvre gentilhomme de France; mais en récompense, elle m’a honoré d’un cœur sincère si exempt de toutes sortes de friponneries qu’il n’en peut même soutenir l’imagination sans horreur.
Quand on expose d’honnêtes gens à se faire tuer autant que je le fais, on doit du moins rendre témoignage de leur mérite et de leur bon coeur.
Les rois sont bien les maîtres des vies et des biens de leurs sujets, mais jamais de leurs opinions, parce que les sentiments intérieurs sont hors de leur puissance, et Dieu seul les peut diriger comme il lui plaît.
Il n'y a rien de plus importun, ni de plus dangereux que les femmes. Elles cabalent incessamment ou elles demandent. Si ces demandes sont justes, Dieu le sait ! Cependant, elles emploient toutes sortes de moyens pour parvenir à leurs fins ; et leurs charmes ne sont pas ce qu'elles épargnent le plus auprès de ceux qu'elles veulent gagner et de qui elles prétendent se procurer de bons offices. Dieu sait encore avec quelle justice et combien elles ménagent peu leur conscience et celle des gens à qui elles ont affaire.
Les petites femmes qui se sentent jolies et qui ont de la naissance sont volontiers guindées sur des échasses et pas toujours faciles à vivre...
La guerre a pour père l'intérêt, pour mère l'ambition et pour proches parents toutes les passions qui nous induisent au mal. Elle a paru en ce monde aussitôt que les premiers hommes. Elle y prit naissance avec eux, et comme eux, elle s'empara de toutes les parties habitables de cet univers dont elle fit son héritage et dans la jouissance duquel elle s'est maintenue et se maintiendra tant qu'il y aura des hommes sur la terre avec un pouvoir despotique sur la vie et les biens d'un chacun dont personne n'est exempt...
Un ministre que le hasard ou l'amour choisissent, est censé n'avoir qu'un mérite de caprice ou de passion.
Un ministre qui se repose sur l'un ou sur l'autre pour régner, s'expose à l'orage.
Un ministre qui a plus d'emplois que de lumières s'égarera toujours; et compromettra infailliblement son Prince et l'État.
Un ministre qui n'a que de l'étendue d'esprit, est trop petit pour régner.
Un ministre doit voir tout à la fois, et sans succession, pour marquer son élévation, autrement il fait mal tout ce qu'il fait, puisqu'il oublie ce qu'il a fait quand il a beaucoup de choses à faire, outre que quand il agit il ne sait ce qu'il fait, ni s'il fait bien.
Quiconque voudra faire bâtir doit premièrement se proposer de faire la cage pour l'oiseau. C'est à dire (…) proportionner son bâtiment au revenu de sa terre, à sa condition, à ses besoins, et surtout au moyen qu'il a d 'en pouvoir sortir à son honneur.
Œuvres de Vauban
A son neveu Dupuy-Vauban, 2 Octobre 1704Le ministre d'État par maximesLes oisivetés de monsieur de VaubanMémoire pour le rappel des Huguenots, 1689Pensées d'un homme qui n'avait pas grand chose à fairePlusieurs maximes bonnes à observer par tous ceux qui font bâtir.Traité de la réorganisation de l'arméeVauban à Le Peletier, 6 octobre 1695Vauban à Louvois, 14 novembre 1688