Auteur

Théophile de Viau

Ah! voici le poignard qui du sang de son maître - S'est souillé lâchement: il en rougit, le traître!
Dans ce climat barbare où le destin me range, - Me rendant mon pays comme un pays étrange ...
Imite qui voudra les merveilles d'autrui: - Malherbe a fort bien fait, mais il a fait pour lui.
La règle me déplaît; j'écris confusément: - Jamais un bon esprit ne fait rien qu'aisément.
Mais je me sens jaloux de tout ce qui te touche, - De l'air qui si souvent entre et sort par ta bouche.
Incertain et dépravé, je ne me retiens pas assez du plaisir comme chrétien, je m'y laisse aller comme homme, mais je ne m'y laisse pas tromper comme bête.
Il hait la gentillesse à la Cour familière. - N'aime point les ballets, ni l'humeur cavalière.
Je n'ai repos ni nuit ni jour, - Je brûle, et je me meurs d'amour, - Tout me nuit, personne ne m'aide, - Le mal m'ôte le jugement, - Et plus je cherche de remède, - Moins je trouve d'allégement.
Un froid et ténébreux silence - Dort à l'ombre de ces ormeaux, - Et les vents battent les rameaux - D'une amoureuse violence.

Œuvres de Théophile de Viau

Au lecteur (1641)ElégieElégie à une dameLa SolitudeOdes, Je n'ai repos ni nuit ni jourOeuvres poétiquesPyrame et Thisbé (1621)Pyrame et Thisbé (1621), V, 2, Thisbé