Madame est en retard. C'est donc qu'elle va venir !
Je vais donc enfin vivre seul ! Et, déjà, je me demande avec qui.
Le théâtre, c'est du présent. Le cinéma, c'est du passé.
Au théâtre, vient le public. Au cinéma, entre la foule.
Au théâtre, c'est le dessin. Le cinéma n'en est encore qu'à la lithographie.
Le théâtre, c'est positif. La pellicule est négative !
Tous les hommes de valeur : écrivains, savants, artistes, devraient publier chaque année non pas un livre d'eux, mais un livre de pensées, de pensées des autres qu'ils auraient choisies et qui seraient annuellement un portrait d'eux cent fois plus ressemblant qu'aucun autre. Car citer les pensées des autres, c'est souvent regretter de ne pas les avoir eues soi-même et c'est en prendre un peu la responsabilité !
On peut pleurer pendant deux jours - on ne peut pas rire pendant deux heures.
Être parisien, ce n'est pas être né à Paris – c'est y renaître. Et ce n'est pas non plus y être – c'est en être. Et ce n'est pas non plus y vivre – c'est en vivre. Car on en vit – et l'on en meurt.
Être de Paris ce n'est pas fatalement y avoir vu le jour — mais c'est y voir clair. Il y a beaucoup d'étrangers qui sont très parisiens — et tant de Parisiens qui sont un peu Province...
Parlons maintenant de ces lettres d'amour dont on fait si grand cas, dont on aime citer les passages fameux — et qui, certes, sont ravissantes, mais qui, à mon sens, toutes ne sont pas d'une sincérité aveuglante... J'entends par là qu'elles sont surtout trop littéraires dans leur forme pour émouvoir et pour convaincre ! On les sent destinées à une éventuelle postérité - et, dès lors, on se méfie un peu d'un Amour exprimé en termes si choisis.
Mariage de raison – folie. Et mariage d'amour aussi - mais le risque est moins grand. Et il n'y a de raisonnable en vérité que les divorces – on se connaît. Et je crois aux divorces de raison.
Je n'ai pas encore osé dire à mes amis intimes que nous sommes pour ainsi dire séparés – tant je crains qu'ils ne m'en félicitent.
J'ai la conviction que, s'il m'arrivait par malheur de rester peut-être un an sans femme auprès de moi, j'écrirais un livre de pensées qui toutes seraient à la louange des femmes.
Tu as vingt ans. Si tu m'aimes tu m'ôtes vingt ans. Si tu ne m'aimes pas, tu me les ajoutes.
Il y a des femmes si susceptibles et qui sont tellement assoiffées d'égards qu'on n'ose pas se permettre de ne pas leur faire la cour.
Une femme ne tolérera pas que, devant elle, vous disiez du mal de sa meilleure amie – et elle vous l'arrachera des mains pour l'achever.
Ton corps est comme un défi d'en trouver un plus beau. Cela donne envie de chercher.
Œuvres de Sacha Guitry
A Marcel Achard.Adam et EveApprenant le décès d'un de ses amis.Avant-propos de La Force de guérir d'Edouard Zarifian.BeaumarchaisBloompottBérangerCeux de chez nousChagrin d'amourCinquante ans d'occupationsCité par F. Choisel dans Sacha Guitry intime.Cité par Stéphane PrinceDe 1429 à 1942 ou de Jeanne d'Arc à Philippe PétainDeburauDeburau (1918)Donne-moi tes yeux (1943)Elles et ToiElles et Toi (1946)Elles et Toi (1985)En reprenant conscience après une grave opération chirurgicale.