Un bon poème sort tout fait.
Aucune liberté formelle ne pourra jamais remplacer ce qui est l'âme même de la poésie.
La modestie est beaucoup plus courante au fond qu'il n'y paraît. L'apparence d'orgueil est dans ce que l'amour-propre ou la dignité obligent à faire croire ou à laisser croire qu'on est, que l'on sait très bien qu'on n'est pas.
Le grand, le vrai, le profond hypocrite est celui qui a su cacher à tous qu'il l'est et qui sait agir de franchise absolue avec lui-même. Celui qui commet des hypocrisies sans s'en rendre compte n'est pas un hypocrite, c'est un naïf.
Il ne faut pas oublier que religieux n'est pas plus synonyme de saint que soldat ne l'est de héros.
Le style, bon ou mauvais, je parle de ce qui caractérise un écrivain, ce n'est pas le premier jet, mais l'état où il laisse la chose écrite, celui auquel il n'éprouve plus le besoin de rien changer.
Je ne connais pas d'exemple d'une oeuvre qui ait inspiré moins de confiance à son auteur que la mienne. Aussi me gardé-je bien de la défendre. J'accepte ici qu'elle peut n'être qu'un témoin d'impuissance.
Le propre de l'image forte est d'être issue du rapprochement spontané de deux réalités très distantes dont l'esprit seul a saisi les rapports.
Si les glaces de verre sont flatteuses pour toi, supprime-les. Ne te regarde pas en dehors mais en dedans, il y a là un sombre miroir sans complaisance.
L'esprit a créé le temps et il le trouve long. Comme il n'a pas créé la vie, il la trouve toujours un peu courte.
A partir d'un certain âge les artistes ont beaucoup plus besoin d'admirateurs que d'amis.
On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux.
Œuvres de Pierre Reverdy