Auteur

Philippe Pétain

On les aura !
Le vin a été pour les combattants le stimulant bienfaisant des forces morales comme des forces physiques: ainsi a-t-il largement concouru, à sa manière, à la victoire.
Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
De tous les envois faits aux armées au cours de la guerre, le vin était assurément le plus attendu, le plus apprécié du soldat. Pour se procurer du pinard, le poilu bravait les périls, défiait les obus, narguait les gendarmes. Le ravitaillement en vin prenait, à ses yeux, une importance presque égale à celle du ravitaillement en munitions. Le vin a été pour le combattant le stimulant bienfaisant des forces morales comme des forces physiques. Ainsi a-t-il largement concouru, à sa manière, à la victoire.
Français ! à l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la patrie.
Que seriez-vous devenus sans moi ? Pendant que le général de Gaulle, hors de nos frontières, poursuivait la lutte, j'ai préparé les voies à la libération en conservant une France douloureuse, mais vivante.

Œuvres de Philippe Pétain

Discours du maréchal Pétain le 17 juin 1940Hommage rendu au vin dans un ouvrage publicitaire édité dix-sept ans après la fin de la première guerre mondiale, porté en exergue d’un opuscule merveilleusement illustré par Raoul DufyLe 23 juillet 1945 à l’ouverture de son procès.Pétain rédigea le 10 avril 1916 un ordre du jour qui se terminait par ces mots alors populaires.