Auteur

Philippe Bouvard

J'ai peu d'idées et pas énormément de convictions. La nécessité professionnelle d'en étaler dix fois plus que je n'en possède me place en état de faillite intellectuelle.
Je ne comprends rien au présent sinon qu'en une décennie, il nous aura éloignés définitivement de tous les millénaires passés.
Il m'a fallu plus de temps qu'à ceux qui m'enviaient pour m'habituer aux signes extérieurs d'une certaine aisance. J'en ai eu honte jusqu'à ce que l'âge les justifie davantage que la réussite.
Je ne suis pas un juste. Je suis un peu juste.
J'aurais passé ma vie à me démolir moi-même pour essayer de me construire. En fait, je ne suis jamais parvenu qu'à déplacer quelques cloisons à l'intérieur.
Je me suis tellement planté que l'on est en droit de s'étonner que je n'ai pas poussé davantage...
A chaque nouvelle mesure destinée à redonner courage aux cancres, je regrette de n'être pas plus jeune.
Comme la vie serait variée si je ne l'observais pas, depuis le début, avec les deux mêmes yeux!...
L'aventure est au coin de soi-même. A condition de s'attendre au tournant...
La certitude que les malheurs qu'on peut raconter soi-même ne sont pas, par définition, les plus grands permet d'économiser sa compassion.
Destin ambigu d'un touche-à-tout médiatisé: parler sans être orateur, écrire sans être écrivain, penser sans être penseur.
Se trouver parfois en désaccord avec soi-même: c'est peut-être le début de la fameuse vie intérieure promise à quelques privilégiés.
Il faut savoir se montrer de mauvaise foi quand la bonne foi n'est pas drôle.
La vie m'a appris à me méfier davantage de moi que des autres. Des autres, je ne crains que la méchanceté qui fait mal. De moi, j'appréhende la bonté qui ruine.
Que n'ai-je été un parfait imbécile! On m'eût apprécié comme je le méritais.
Dans la rue, on me dit parfois: «Vous êtes mieux qu'à la télé.» Le message est clair. Il faut que je fasse moins d'émissions et davantage de promenades.
Je ne vois pas pourquoi on ne se traiterait pas aussi mal soi-même qu'on traite les autres.
Que ceux qui n'attendent rien de moi sachent qu'ils seront comblés.
Je n'essaie jamais de faire partager mes idées. Seulement ma jubilation de pouvoir tout dire.
Quand j'entends les hommes politiques parler de création d'emplois, je songe à tous ces employeurs dont le seul rêve est de ne plus avoir d'employés.
Le simple regard porté sur la douleur, la laideur, la beauté, la tristesse et la joie, contitue un viol permanent de l'intimité autorisé par la loi.
Manchette imaginée pour faire vendre un grand magazine: «Peut-on enfin aimer l'Allemagne?» Je crois me souvenir que certains Français avaient déjà répondu par l'affirmative entre 1940 et 1944.
Il faut souhaiter que la suppression du service militaire n'augmente pas le nombre de nos chômeurs, de nos délinquants et de nos ennemis.
Les dictateurs et les bandits manchots exercent un pouvoir totalitaire. En Asie, Pol Pot assassinait le peuple. Chez nous, Jack Pot le rançonne.
Finalement, la vie m'aura apporté beaucoup de privilèges dont j'imaginais qu'ils étaient réservés aux autres et m'aura refusé quelques avantages dont je pensais qu'ils me revenaient de droit.

Œuvres de Philippe Bouvard

Bouvard de A à Z (2014)Douze mois et moi (1978)Douze mois et moi (1978), MarsJournal 1992-1996Journal 1997-2000Le Journal de Bouvard, 1992-1996 (1997)Lettre ouverte aux marchands du Temple (1967)Maximes au minimumMaximes au minimum (1999)Mille et une pensées (2005)ProverbesRéactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.TF1 le 18 août 2000, Nos meilleurs momentsTF1 le 5 avril 2002, 25 ans des \"Grosses Têtes\"Tous des hypocrites, sauf vous et moi (1979)Un oursin dans le caviar (1973)