L'histoire est faite pour amuser les historiens, c'est tout.
La politique est une activité tragique, c'est-à-dire insoluble.
Se brouiller pour de l'argent, ou pour une femme, d'accord. Mais pour des raisons théoriques, ça jamais!
Ce n'est pas le christianisme qui est à la racine de l'Europe, c'est l'Europe actuelle qui inspire le christianisme ou certaines de ses versions.
Si l'on réfléchit au fonctionnement de l'histoire, l'idée même des sources, des origines d'une civilisation, est littéralement dépourvue de sens. Tout se construit de bric et de broc.
Sans réussir à la dégager vraiment, j'ai tourné autour de l'idée simple que nous connaissons des vérités de détail mais que nous ne pouvons pas connaître d'idées générales.
La poésie, c'est l'émotion. Ce n'est pas intellectuel.
Les émotions, comme les plaisirs, évoluent mais ne se discutent pas. Il ne faut pas enquiquiner les gens émus. Diriez-vous à un amoureux que sa bien-aimée est une sotte?
Les hommes ne trouvent pas la vérité : ils la font, comme ils font leur histoire, et elles le leur rendent bien.
Ce besoin de trouver une raison d'être à la fabulation trahit quelque malaise de notre part devant l'erreur et est le revers de notre propre mythologie de la vérité et de la science.
Œuvres de Paul Veyne