Auteur

Paul Guimard

L'ironie du sort, c'est la face cachée de notre destin.
L'impossibilité fondamentale, quasi organique, de penser à une séparation est pour un couple la véritable ancre de miséricorde et peut-être la seule.
Les murs des vieilles églises finissent par «prendre» la prière comme l'humidité, leurs voûtes ont si longtemps résonné du bruissement des litanies qu'on y attraperait la foi sans même s'en rendre compte.
La relative souplesse du sol herbeux amortit l'écrasement mais la caisse subit d'importantes déformations. Les longerons qui assurent la rigidité du toit fléchissent. Le pare-brise et la lunette arrière éclatent.
Il faut au moins cinq pintes d'eau pour faire du bon thé, sinon il a le goût anglais. Ne me dites pas que vous aimez le thé anglais!
Il faudrait parvenir à cette sagesse élémentaire de considérer les ténèbres où nous allons sans plus d'angoisse que les ténèbres d'où nous venons. Ainsi, la vie prend son vrai sens: un moment de lumière.
Le romantisme est une attitude séduisante et la terre d'élection des adolescents, mais tant de fausses monnaies y ont cours qu'il faut se garder de se payer de mots.
Quand je ne dors pas, je vois la nuit en noir. La malveillance des choses me submerge. Les vastes zones dépressionnaires de l'insomnie dirigent vers moi un flux humide et froid accompagné de bourrasques.
La jeunesse heureuse est une invention de vieillards.
Après tout, trépasser ne signifie rien d'autre qu'aller au delà.
La mort est une chose trop sérieuse pour l'affronter à la sauvette.
Le remords est une tentative piteuse de modifier le passé.
Il a la voix de son visage, lourde, grasse, encombrée, une voix qui semble sortir des fesses.
On ne veut pas toujours ce qui arrive mais comment ne pas se sentir responsable de ce qu'on est ?
En vérité, je suis moins hypocrite qu'incertain, et moins incertain que divisé entre deux certitudes contradictoires.
Je sais que tu m'aimes et je t'aime aussi mais (ce "mais" est ignoble. Je t'aime sans "mais", sans "si" et sans "pourquoi". Je t'aime comme mon pain et mon sel, je t'aime, mon coeur) une certaine légèreté me manque sans laquelle je respire mal.
Je t'aime comme mon pain et mon sel, je t'aime, mon coeur.

Œuvres de Paul Guimard

L'Age de pierreL'Ironie du sort (1974)Le Mauvais Temps (1976)Les Choses de la vie (1968)