Au Brésil, dans la vie comme dans le foot, on joue davantage qu'en Europe. Le plaisir, l'envie de faire le spectacle, de tromper l'autre, passe avant toute chose. La donne est différente en Europe et en France
À Rio, vous pouvez rester des après-midi à regarder des gens jouer sur la plage. C'est un spectacle formidable.
Barcelone, le Bayern de Guardiola et l'équipe d'Espagne pratiquent quant à elles un jeu qui ne tolère aucun temps mort. C'est un jeu en réseau, qui symbolise bien le XXIe siècle : les joueurs sont comme connectés, la balle circule à toute vitesse, constamment.
Je suis convaincu que le tiki-taka espagnol fut lui aussi une révolution tactique. Je suis convaincu qu'on en parlera dans 20 ans comme on parle aujourd'hui du Brésil de 1982, de la Hongrie de 1954 ou des Pays-Bas de 1974.
Le Brésil s'est converti aux schémas tactiques européens. Avec la mondialisation du foot, de nombreux joueurs brésiliens sont partis jouer en Europe, où ils ont musclé leur jeu. Le résultat a été une catastrophe lors de la coupe du monde 1990 mais a porté ses fruits en 1994. L'équipe championne du monde a pratiqué cette année là un jeu peu flamboyant mais avec succès.
Œuvres de Olivier Guez