Auteur

Nicolas-Louis, comte François de Neufchâteau

Vigée écrit qu'il est un sot, - Pense-t-il qu'on le contredise? - Non: l'épitaphe est si précise - Que tout Paris le prend au mot.
Quand il lui faut lutter contre des champs trop forts, - L'art du cultivateur fait d'impuissants efforts.
Des trésors d'un Etat la véritable mine, - C'est l'art qui produit les moissons.
Blâmer ce qu'on ignore est un trait de novice.
Eh! quel est le mortel à son heure dernière, - Qui, jetant sur la vie un regard en arrière, - Ne gémirait d'avoir laissé s'évanouir - Les instants de bonheur dont il pouvait jouir.
Le glaive a bien tué des hommes, - La bouche en a tué bien plus.
Ne compte sur personne autant que sur toi-même.
Avant de vivre ensemble il faut bien s'assortir.
Le premier des talents - Est le talent de former l'homme.
Des leçons de son père un fils tire les fruits.
On sait mal ce qu'on sait trop vite.
Crois peu, conserve tout, et ne regrette rien.
Dissimuler est un grand point; - C'est dans l'art de régner l'importante maxime.
Le bon goût n'admet rien que le bon sens n'avoue.
C'est quelque chose de sourire; - C'est promettre in petto, sans pourtant s'engager.
Ne prends tes amis qu'à l'épreuve.
L'on peut se perdre soi-même, - Pour perdre son ennemi.
L'ennemi découvert n'est pas si fort à craindre; - Ne pouvant s'y fier on n'en est pas trompé; - Mais, à coup sûr, on est frappé - Par un ennemi qui sait feindre.
Le succès des méchants - Les allèche et les multiplie.
La défiance est triste et pourtant nécessaire.
Il faut dans un Etat qu'un seul pouvoir ordonne.

Œuvres de Nicolas-Louis, comte François de Neufchâteau

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