Je suis un grand oiseau qui déploie ses ailes au-dessus des hautes montagnes et plonge vers les vallées sereines. Je suis les ondulations des vagues sur les mers argentées. Je suis un bourgeon au printemps, tremblant à l'idée de s'épanouir pleinement.
Les jours les plus éprouvants de mon existence ont pu ou non être lumineux et prometteurs. Que mes journées soient glorieuses ou solitaires, j'éprouve de la reconnaissance. Même mes moments de grand pessimisme sont suivis d'un lendemain.
Aujourd'hui je suis heureuse.
Nous accumulons les années dans notre corps, sur notre visage, mais, au vrai, dans notre chair demeure l'enfant que nous étions, innocent et timide comme un soupir.
On ne quitte jamais vraiment son foyer. Je crois qu'on charrie les ombres, les rêves, les peurs et les monstres de sa maison sous la peau, qu'on les transporte, blottis dans le coin de ses yeux et jusque dans le cartilage des lobes de l'oreille.
Œuvres de Maya Angelou