Auteur

Maria Bachkirceva, dite Marie Bashkirtseff

Mais si je ne suis rien, si je ne dois rien être, pourquoi ces rêves de gloire depuis que je pense?
Car l'attente est plus terrible que l'événement lui-même.
J'avais une voix extraordinaire: c'était un don de Dieu, et je l'ai perdue. Le chant, pour la femme, est ce que l'éloquence est à l'homme, une puissance sans limite.
Mon voyage en Espagne m'aura servi à m'ôter l'habitude de manger pour manger, ce qui prend du temps et alourdit l'intelligence; je suis devenue d'une sobriété arabe et ne prend que le strict nécessaire, juste assez pour vivre.
Vivre, avoir tant d'ambition, souffrir, pleurer, combattre et, au bout, l'oubli... l'oubli... comme si je n'avais jamais existé.
Il faut que ce que vous voyez ou entendez soit assez grand pour occuper tout votre être, alors c'est tout-puissant.

Œuvres de Maria Bachkirceva, dite Marie Bashkirtseff

Journal, 23 juillet 1880Journal, 25 juin 1884Journal, 30 novembre 1873Journal, 31 octobre 1881Journal, 8 octobre 1877Journal, Préface