Auteur

Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant

Tout est détruit, et la Mort même - Se voit contrainte de mourir.
Je tiens pour Hippocrate, - Qui dit qu'il faut à chaque mois - S'enivrer du moins une fois.
Ils (les rossignols) rendent le bruit même agréable au silence.
O que j'aime la solitude! - C'est l'élément des bons esprits.
Assis sur un fagot, une pipe à la main, - Tristement accoudé contre une cheminée, - Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée, - Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.
Excès de vin m'est importun - Dix pintes par jour me suffisent.
Ci-gît un fou nommé Pasquet, - Qui mourut d'un coup de mousquet - Comme il voulait lever la crête; - Quand à moi, je crois que le sort - Lui mit du plomb dedans la tête - Pour le rendre sage en sa mort.
Accablé de paresse et de mélancolie, - Je rêve dans un lit où je suis fagoté, - Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté - Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.
Oh! que j'aime la solitude! - Que ces lieux sacrés à la nuit, - Eloignés du monde et du bruit, - Plaisent à mon inquiétude!
Vivre sans boire, c'est mourir, - Et boire en mourant, c'est revivre.

Œuvres de Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant

Couplet que le poète aurait chanté avant d'expirer au cabaret le Petit Maure.Débauche hippocratiqueEpitaphe de PasquetLa SolitudeLe ContemplateurMoïse sauvéOeuvres complètes (1627), Le ParesseuxSonnet (1629), Assis sur un fagot...