Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
Auteur
Madeleine de Souvré, marquise de Sablé
On loue quelquefois les choses passées pour blâmer les présentes, et pour mépriser ce qui est, on estime ce qui n'est plus.
Savoir bien découvrir l'intérieur d'autrui et cacher le sien est une grande marque de supériorité d'esprit.
C'est un défaut bien commun de n'être jamais content de sa fortune, ni mécontent de son esprit.
La honte qu'on a de se voir louer sans fondement donne souvent sujet de faire des choses qu'on n'aurait jamais faites sans cela.
La société et même l'amitié de la plupart des hommes n'est qu'un commerce qui ne dure qu'autant que le besoin.
L'amour a un caractère si particulier qu'on ne peut le cacher où il est, ni le feindre où il n'est pas.
On aime tellement toutes les choses nouvelles et les choses extraordinaires qu'on a même quelque plaisir secret par la vue des plus tristes et des plus terribles événements, à cause de leur nouveauté et de la malignité naturelle qui est en nous.
Au lieu d'être attentifs à connaître les autres, nous ne pensons qu'à nous faire connaître nous-mêmes. Il vaudrait mieux écouter pour acquérir de nouvelles lumières que de parler trop pour montrer celles que l'on a acquises.
La plus grande sagesse de l'homme consiste à connaître ses folies.
Etre trop mécontent de soi est une faiblesse. Etre trop content de soi est une sottise.
Les sottises d'autrui nous doivent être plutôt une instruction qu'un sujet de nous moquer de ceux qui les font.