Ambitieux de vaincre et non de discourir.
L'Eternel se leva: Satan du haut des airs, - Comme l'éclair qui fuit, tomba jusqu'aux enfers.
Tous les siècles entiers sont un jour à sa vue.
Le ciel fondit en pluie, et le juste parut.
Que de vastes contrées - Assises loin du jour dans l'ombre de la mort!
Il confond l'orgueilleux qui cherche à tout savoir. - Pour les sages du monde il voile ses mystères... - Tandis qu'il les révèle à ces humbles esprits.
Mon coeur... - Fait le mal qu'il déteste et fuit le bien qu'il aime.
Tel que brille l'éclair qui touche au même instant - Des portes de l'Aurore aux bornes du couchant, - Tel que le trait fend l'air sans y marquer sa trace; - Tel, et plus prompt encor, part le coup de la grâce.
Monstre de vanité, prodige de misère, - Je ne suis à la fois que néant et grandeur.
L'amertume secrète empoisonne toujours - L'onde qui nous paraît si claire dans son cours.
Boileau, Corneille, et toi que je n'ose nommer, - Vos esprits n'étaient-ils qu'étincelles légères?
Dieu de paix! que de sang a coulé sous ton nom!
Qu'est-ce donc qu'un cercueil offre de si terrible? Une froide poussière, une cendre insensible. Là nous ne trouvons plus ni plaisir ni douleur. Un repos éternel est-il donc un malheur?
Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles?
Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles?
Oui, c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire. - Mais tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire, - Quels témoins éclatants devant moi rassemblés!
Les solides trésors sont ceux qu'on a donnés.
Œuvres de Louis Racine