Tous les lâches sont romanesques et romantiques, ils s'inventent des vies à reculons, pleines d'éclats, Campéador d'escaliers!
Auteur
Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Tout est permis en dedans (de soi-même).
Toute la détresse de don Juan est de ne pas être puissant comme une mouche!
Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues.
Nous ne changeons pas! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut pas la peine.
Une forte vie intérieure se suffit à elle-même et ferait fondre vingt années de banquise.
Le tout c'est qu'on s'explique dans la vie. A deux on y arrive mieux que tout seul.
Nous sommes, par nature, si futiles, que seules les distractions peuvent nous empêcher vraiment de mourir.
La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches.
C'est difficile d'arriver à l'essentiel, même en ce qui concerne la guerre, la fantaisie résiste longtemps.
Dans ce métier (soldat) d'être tué, faut pas être difficile, faut faire comme si la vie continuait, c'est ça le plus dur, ce mensonge.
La plupart des gens ne meurent qu'au dernier moment; d'autres commencent et s'y prennent vingt ans d'avance et parfois davantage. Ce sont les malheureux de la terre.
Philosopher n'est qu'une autre façon d'avoir peur et ne porte guère qu'aux lâches simulacres.
Etre brave avec son corps? Demandez alors à l'asticot aussi d'être brave, il est rose et pâle et mou, tout comme nous.
... des pauvres, c'est-à-dire des gens dont la mort n'intéresse personne.
Le délire de mentir et de croire s'attrape comme la gale.
Chacun pleure à sa façon le temps qui passe.
La meilleure des choses à faire, n'est-ce pas, quand on est dans ce monde, c'est d'en sortir? Fou ou pas, peur ou pas.
Tout ce qui est intéressant se passe dans l'ombre, décidément. On ne sait rien de la véritable histoire des hommes.
... la peur. L'envers et l'endroit de la guerre.
Il y a un moment de la misère où l'esprit n'est plus déjà tout le temps avec le corps. Il s'y trouve vraiment trop mal. C'est déjà presque une âme qui vous parle.
On passe son temps à tuer ou à adorer en ce monde et cela tout ensemble. «Je te hais! Je t'adore!»
On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. On s'en aperçoit à la manière qu'on a prise d'aimer son malheur malgré soi.
Après tout, pourquoi n'y aurait-il pas autant d'art possible dans la laideur que dans la beauté? C'est un genre à cultiver voilà tout.
... les premiers plans d'un tableau sont toujours répugnants et l'art exige qu'on situe l'intérêt de l'oeuvre dans les lointains, dans l'insaisissable, là où se réfugie le mensonge, ce rêve pris sur le fait, et seul amour des hommes.
Œuvres de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Bagatelles pour un massacre (1937)Cahiers Céline, Tome ICasse-pipe (1949)Céline en verveD'un château l'autreD'un château l'autre (1947)Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 312.Entretien avec le professeur YFéerie pour une autre foisFéerie pour une autre fois (1952-1954)Guignol's band (1944)Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud (Radio-Télévision française), printemps 1959.L'EgliseL'Eglise (1933)La Vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1924)Le Pont de Londres (1964)Les Beaux DrapsLes Beaux Draps (1941)Lettre à Arthur MillerLettre, à Claude Lafaye, 20 octobre 1947?